Église-Maison
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la tradition apostolique—dépassée? |
Supposons qu'une congrégation du
premier siècle nouvellement installée à Alexandrie, en Égypte, ait écrit une
lettre aux apôtres à Jérusalem. Imaginons que ses membres étaient des croyants
juifs qui ont entendu l'Évangile lors de leur visite à Jérusalem. De retour en Égypte, ils ne savaient pas comment fonctionner ensemble en
tant que croyants de la Nouvelle Alliance. C’est pourquoi leur lettre contenait une liste de
questions au sujet de la vie d’église :
Chers apôtres. . .
Pourquoi
nous réunissons-nous en tant que peuple de Jésus?
Que
devrions-nous faire dans nos assemblées?
À quelle
fréquence devrions-nous nous rencontrer?
Faut-il se rencontrer à un endroit
en particulier?
Devrions-nous construire un temple
comme à Jérusalem ou du moins une synagogue?
Quel type de gouvernement d’église
devrions-nous avoir?
Quelles sont les qualités
recherchées chez les responsables de l’église?
Avons-nous même besoin de
responsables?
Quel est le but du Repas du
Seigneur?
À quelle fréquence devrions-nous le
célébrer? (Annuellement, comme la Pâque?)
Devrions-nous célébrer le Repas du
Seigneur comme un vrai repas ou bien le limiter aux éléments cérémoniels du
pain et du vin?
À votre avis, qu’auraient répondu
les douze apôtres? Auraient-ils écrit que
chaque église est libre de faire ce qu’elle veut? Que chaque groupe doit individuellement prier et suivre la
direction du Saint-Esprit? Que chaque congrégation devrait être unique et
différente, libre de toute influence apostolique? Inversement, les apôtres auraient-ils pu répondre par des
recommandations très spécifiques sur la vie d'église? Par une manière particulière de faire les choses? Par un plan bien
défini? Par des directives de
rassemblement sans équivoque?
Les chrétiens sont aux prises avec cette question
depuis deux mille ans. De quelle façon exactement l’église d’aujourd’hui
devrait-elle voir le modèle apostolique pour la forme de l’église? Comme
dépassé? Doit-on considérer la pratique
de l’église du premier siècle comme une option ou un modèle à suivre? Les
traditions des apôtres se résument-elles à des faits historiques intéressants
ou bien devraient-elles constituer la norme de la forme de l’église?
Ce problème pour l’église s’aggrave d’autant plus que
le Nouveau Testament ne contient pratiquement aucune recommandation directe au sujet du fonctionnement de
l’église. Par conséquent, il est courant d’écarter les modèles pour l'église du
Nouveau Testament sous prétexte qu’ils sont optionnels. Par exemple, Fee et Stuart, dans How to Read The Bible For All Its Worth (Comment lire la Bible
comme il faut), affirment : « Comme beaucoup d'autres, nous
présupposons qu’à moins que les Écritures ne disent explicitement qu’il faut
faire quelque chose, ce qui est simplement narré ou décrit ne peut jamais
s’imposer comme la norme »1. Personne, par exemple, ne voudrait imiter les
actes tragiques de Jephté dans Juges 11:29 et les pages suivantes. La question pour nous est de savoir si oui ou
non les Écritures nous disent explicitement que nous devons suivre les modèles
décrits dans le Nouveau Testament pour la vie d’église.
La plupart des églises suivent toujours certaines prescriptions du Nouveau
Testament. Mais la question est: pourquoi
ne pas toutes les suivre? Nous tenons
à être cohérents. Les apôtres ont établi
un modèle bien défini et particulier selon lequel ils ont organisé les églises. Nous sommes convaincus qu’ils voulaient que
toutes les églises suivent ce même modèle apostolique aussi longtemps que
l’église existerait.
Il y a certaines choses sur lesquelles toutes les églises s’entendent,
qu’elles soient méthodiste, presbytérienne, baptiste, pentecôtiste, anglicane
ou autre. Stanley Greensdale, professeur à l’Université d’Oxford en histoire de
l’Église, affirme : « que l’église existe pour enjoindre le culte de
Dieu, une vie spirituelle, l’évangélisation du monde entier et la réforme de la
société conformément à la volonté de Dieu ».2 Nous affirmons
que les apôtres connaissaient les meilleurs moyens d’atteindre ces objectifs et
qu’ils les ont mis en pratique lors de la fondation d’églises, afin de nous
laisser un modèle.
Conserver la
tradition apostolique est logique
Dans 1 Corinthiens 4:14-17, on lit que Paul
prévoit envoyer Timothée à Corinthe. Timothée devait rappeler aux Corinthiens
les voies de Paul afin qu’ils les imitent. C’est
de la fidélité de Paul à servir et son humilité en tant qu’apôtre dont il est
question dans le contexte. Paul écrit : « Je vous en supplie donc,
soyez mes imitateurs. C'est pour cela que je vous ai envoyé Timothée, qui est
mon fils bien-aimé et fidèle, dans le Seigneur; il vous fera ressouvenir de mes
voies en Christ, et de quelle manière j'enseigne partout dans toutes les
Églises. »
Remarquez bien l’uniformité des pratiques soulignée
dans ses paroles. Ses voies en Christ étaient cohérentes avec ce qu’il
enseignait partout dans toutes les églises. Il était intègre. Paul a enseigné des traditions relatives au style de
vie. Ses convictions déterminaient sa conduite. Bien sûr, sa doctrine définissait son devoir. Il est donc normal
que les convictions des apôtres au sujet
du fonctionnement de l’église influencent
leur façon d’organiser les églises (la fonction détermine la forme de l’église). Bien que le contenu de 1 Corinthiens 4 ne porte pas sur la forme
de l’église, il serait tout de même sage pour n'importe quel groupe d'imiter la
vie d'église que les apôtres pratiquaient.
Qui mieux que les premiers apôtres pour
comprendre le but de
l’église? Ils ont été directement choisis et formés pendant trois ans par Jésus
lui-même. Après Sa résurrection, le Seigneur
leur est apparu pendant plus que quarante jours (Ac 1:3). Finalement,
Jésus a envoyé son Saint-Esprit afin qu’il leur enseigne toutes choses qu’Il ne
leur avait pas enseignées auparavant (Jn 14-16). Alors tout ce que Jésus a
enseigné à Ses apôtres au sujet de l’église a été mis en pratique lorsqu’ils
ont commencé et organisé les églises.
Dans Tite 1:5, un passage qui
aborde directement le sujet de la forme de l'église, Paul a écrit : «La
raison pour laquelle je t'ai laissé en Crète, c'est afin que tu achèves de
mettre en ordre ce qui reste à régler ». Tite 1 traite de
l’établissement d'anciens qualifiés dans chaque ville. Par ce verset, il est clair que les apôtres avaient
une manière particulière de faire les choses qui concernaient l’église. On ne
laissait pas à chaque église le soin de faire les choses comme elle
l’entendait. Il est évident qu’il y avait un ordre, un modèle ou une tradition
à suivre pour organiser des églises. Le cas est
similaire dans 1 Corinthiens 11:34 (un passage qui traite de la
pratique du Repas du Seigneur, un autre sujet de la vie d’église), où Paul a
écrit « Quant aux autres choses, je les réglerai quand je serai arrivé. » (Mis en italique par
l’auteur).
Le théologien J.L. Dagg (Southern Baptists) a fait remarquer avec raison en 1858 que les
apôtres « nous ont enseigné par l’exemple comment organiser et gouverner
les églises. Nous n’avons pas le droit de rejeter leurs instructions et
d’appliquer à la lettre le principe que seules les prescriptions sont à suivre.
Plutôt que de choisir de marcher selon nos propres voies, nous devrions prendre
plaisir à suivre les traces de ces hommes saints par lesquels nous avons reçu
la parole de vie […] ainsi que respecter l’Esprit par lequel ils ont été
dirigés, ce qui devrait nous convaincre de préférer leur mode d’organisation et
de gouvernement au lieu de suivre ce que notre faible sagesse peut nous
suggérer. »3
Conserver la
tradition apostolique est approuvé
Dans
1 Corinthiens 10:31-11:1, Paul presse les Corinthiens :
« Soyez mes imitateurs, comme je le suis aussi de Christ. ».
Rechercher à faire du bien aux autres afin de les amener au salut est le
contexte immédiat de ce passage. Paul incite les Corinthiens à suivre son
exemple. Il semblerait qu’en certaines choses ils suivaient bien son exemple
puisque Paul dit au verset suivant : « Frères, je vous loue de ce que
vous vous souvenez de tout ce qui vient de moi, et de ce que vous retenez mes
instructions telles que je vous les ai données » (11:2). Le mot « instructions »
se traduit ici également par « traditions », donc un enseignement
pratique plutôt que théorique.
Qu’est-ce qu’une tradition? ? Le mot grec courant pour
« enseigner » est didaskalia (le
mot d’origine de « didactique ») mais, fait notoire, ce n’est pas ce
mot qui est employé ici. On utilise plutôt paradosis
(tradition). Gordon Fee a souligné que bien que paradosis est un terme technique
judaïque qui désigne la transmission orale d’instructions religieuses, dans ce
contexte-ci il ne concerne presque assurément pas l’enseignement, mais plutôt
les traditions religieuses reliées au culte.4 Le mot grec veut
littéralement dire « qui est transmis »5. (Ce qui était
transmis aurait pu désigner n'importe quoi : une coutume, un enseignement
ou même une personne [dans le sens de trahir la personne ou de la dénoncer en
vue de la faire arrêter])6. Le même mot grec (sous sa forme
verbale) est utilisé dans 1 Corinthiens 11:23 au sujet du Repas du
Seigneur dans ses aspects théologique et pratique (qu’il a été transmis). Dans l’usage, une tradition désigne généralement une
coutume ou une certaine façon de faire les choses. C’est un modèle de
pensée ou d’action dont on hérite. Une définition simple pourrait être
« ce que les gens font
régulièrement ». Une tradition est donc ce qui est passé ou transmis (soit par l’exemple ou
par l’enseignement). Dans 1 Corinthiens 11, on lit que l’apôtre
louange une église car elle conserve les traditions par rapport au culte.
Portons
attention au mot « tout » que Paul emploie dans 1 Corinthiens 11:2. Il signifie « tout ce qui
existe » ou du moins « tout ce qui se rattache au sujet ». Quand
Paul a écrit « tout » (1 Co 11:2), à quoi pensait-il? Son
utilisation du mot « tout » suggère que l’application prévue n’était
pas restreinte à l’exhortation trouvée dans 1 Corinthiens 10:31-11:1
(l’évangélisation). « Tout » pourrait-il aussi inclure l’ordre de
l’église? Oui, en effet. Les
louanges de Paul dans 11:2 signalent qu’il aborde un nouveau sujet : le
port du voile (11:3-16). Ce sujet fait clairement partie des pratiques de
l’église. (S’intéresser à l’application correcte de ce passage dépasse les
limites de cette étude, mais il est possible d’y voir que ce qui était vrai
pour l’église de cette époque l’est encore pour nous aujourd’hui.)
Qu’est-ce que les mots « telles que » (11:2)
indiquent sur le degré de soumission des Corinthiens aux traditions de Paul?
Ils y adhéraient à la lettre; ils étaient en quelque sorte une copie conforme! Ils n’étaient pas
incertains à ce sujet. Paul les
louange de conserver ses traditions telles qu’il les leur avait transmises. Les apôtres avaient bien évidemment
prévu que les églises perpétuent du moins quelques
traditions qu’ils avaient établies (ici, le port du voile). Mais ici le mot « traditions » (11:2) est au
pluriel. Il semblerait que Paul ne voulait pas seulement parler de la tradition
du port du voile.7 Devrions-nous nous limiter à observer
cette tradition seulement ou bien devrions-nous suivre tous les modèles visant l’organisation de l’église tels qu’ils se
trouvent dans le Nouveau Testament?
La loi mosaïque était paradigmatique de
nature. Il s’agissait de droit jurisprudentiel. Seuls quelques cas de
jurisprudence ont été préservés par Moïse. On s’attendait à ce que le croyant
en applique les grandes lignes aux autres situations quotidiennes qui n’étaient
pas décrites. Par exemple, on ne devait pas récolter une partie des champs afin
que les pauvres y glanent leur nourriture. Rien n’a été dit sur les oliveraies.
Le cultivateur de blé était-il donc le seul qui devait nourrir les pauvres
tandis que l’homme qui détenait une oliveraie pouvait tout en récolter? Bien
sûr que non! Chaque cultivateur, peu importe sa culture, était aussi tenu de
laisser en arrière une partie similaire de sa récolte afin de pourvoir aux
besoins des pauvres. De la même façon, nous défendons que l’adhérence à la
tradition apostolique est paradigmatique de nature. Si l’on constate que les
apôtres approuvaient lorsque les églises suivaient des traditions spécifiques
(comme le port du voile), il va ainsi de soi que l’on applique cet exemple aux
autres modèles donnés par les apôtres lorsqu’ils ont établi les églises.
Un paradoxe intéressant peut être constaté concernant
la tradition. Le même mot (paradosis) utilisé par Paul dans 1 Corinthiens 11:2 a
aussi été employé par Jésus dans Matthieu 15:1-3. Jésus a dit aux
Pharisiens : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de
Dieu par votre tradition? » Jésus a rabroué les Pharisiens pour
leurs traditions, mais Paul a béni les Corinthiens pour avoir suivi la
tradition d’un apôtre. La tradition pharisienne enfreignait le commandement de
Dieu. Cependant, la tradition apostolique est en accord avec les commandements
de Jésus. Conserver la tradition des apôtres
est donc approuvé comme le prouvent les louanges de Paul aux Corinthiens
(11:2). On doit être sur
nos gardes afin de ne pas inventer nos propres traditions d’église qui
pourraient nous empêcher d’obéir pleinement aux commandements du Seigneur. On
doit aussi être prudent afin de ne pas inventer des traditions qui remplacent
les traditions d’origine des apôtres.
Conserver la
tradition apostolique est un principe universel
Paul a fait taire ceux qui seraient tentés de semer la
controverse au sujet du port du voile en évoquant les pratiques partagées par
toutes les autres églises : « Que si quelqu'un se plaît à contester,
nous n'avons pas cette coutume, ni les Églises de Dieu non plus. »
(1 Co 11:16). Cette affirmation finale devait persuader les
contestataires et régler la
question. Le fait à retenir, c’est que Paul
s’attendait à ce que toutes les églises fassent la même chose. Le seul
fait de souligner qu’une d’entre elles était différente suffisait à faire taire
l’opposition. C’est évident, des
pratiques qui devaient être faites de la
même façon partout avaient auparavant été établies.
1 Corinthiens 11:16
indique donc l’uniformité des pratiques des églises du Nouveau Testament.
Dans 1 Corinthiens 14:33b-34 (un autre
passage au sujet de la forme de l’église), Paul mentionne une autre chose qui
s’applique à toutes les églises : « Comme on le voit dans toutes les Églises des saints, que vos
femmes se taisent dans les Églises ».
(Mis en italique par l’auteur.) Peu
importe l’application de ce texte, remarquez comment Paul en appelle encore une
fois au modèle universel de toutes les églises pour inciter à l’obéissance.
Finalement, remarquez comment Paul réprimande les
Corinthiens dans 1 Corinthiens 14:36 : « Est-ce de vous que
la parole de Dieu est venue, ou n'est-elle parvenue qu'à vous seuls? » La
réponse évidente à ces deux questions est non. Encore une fois, cela indique
l’uniformité des pratiques parmi les églises du Nouveau Testament. Les Corinthiens étaient tentés d’adopter une
pratique différente de toutes les autres églises. Bien entendu, on s’attendait
à ce que toutes les églises suivent le même modèle pour leurs réunions. Ces deux questions voulaient démontrer aux Corinthiens
qu’ils devaient garder les mêmes pratiques que toutes les autres églises. Conserver
la tradition apostolique (modèle d’église du Nouveau Testament) devait être un
principe universel pendant le premier siècle et nous défendons qu’il doit en
être ainsi aussi aujourd’hui.
Un pionnier de l’église-maison, Watchman Nee, dans The Church And The Work : Rethinking
The Work (L’église et l’œuvre : repenser l’œuvre) a écrit :
« Les Actes sont la ¨genèse¨ de l’histoire de l’église et l’Église du
temps de Paul est la ¨genèse¨ du travail de l’Esprit […] Nous devons retourner
au ¨commencement¨. L’éternelle Volonté de Dieu ne peut être que ce qu’Il a
donné comme exemple au commencement. C’est le standard Divin et notre modèle
pour tous les temps […] Dieu a révélé sa Volonté non seulement en donnant des
ordres, mais aussi en faisant accomplir certaines choses à Son église pour
qu’ainsi, dans les temps à venir, les autres n’aient qu’à regarder à ce modèle
pour connaître Sa volonté. »8
Conserver la
tradition apostolique apporte la paisible présence de Dieu
« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je
le dis encore: réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les
hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien, mais en toute
occasion exposez vos demandes devant Dieu, par des prières et des
supplications, avec des actions de grâces, et la paix de Dieu qui surpasse
toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » (Ph 4:4-7). L’idée principale de Philippiens 4:4-7
est que l’on se réjouisse dans le Seigneur et obtienne ainsi la paix de Dieu
peu importe les circonstances.
Dans le prochain paragraphe de cette lettre
(Ph 4:8-9), Paul donne à l’Église de Philippe la recette pour que le Dieu
de paix soit parmi eux. Par extension, cela s’applique aussi à toutes les
autres églises. Paul a écrit « Au reste, frères, que toutes les choses qui
sont véritables, toutes celles qui sont honnêtes, toutes celles qui sont
justes, toutes celles qui sont pures, toutes celles qui sont aimables, toutes
celles qui sont de bonne réputation, et où il y a quelque vertu, et qui sont
dignes de louange; que toutes ces choses occupent vos pensées. Vous les avez
aussi apprises, reçues et entendues de moi, et vous les avez vues en moi.
Faites-les, et le Dieu de paix sera avec vous. ».
Les Philippiens sont enseignés à mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris, reçu, entendu
de Paul ainsi que ce qu’ils ont vu en lui (Ph 4:9). En contexte, cela signifie premièrement d’imiter l’humilité de Christ, de
considérer les intérêts des autres en premier et de se réjouir dans le
Seigneur. Par exentension, ce tout
n’inclurait-il pas aussi la façon que Paul a organisé les églises dans le
Nouveau Testament? Les Écritures sont claires
sur la façon que les apôtres ont organisé l’église du premier siècle. Négliger
cet aspect de la tradition apostolique pourrait équivaloir à manquer la
bénédiction de Dieu. Les groupes qui suivent la
forme d’église transmise par les
apôtres profitent-ils davantage de la paisible présence de Dieu?
Conserver la
tradition apostolique est commandé
Dans 2 Thessaloniciens 2:15, l’église de
Thessalonique est exhortée de la sorte : « demeurez fermes et retenez
les enseignements que nous vous avons donnés, soit de vive voix, soit par notre
lettre. ». Ici, les Thessaloniciens
sont spécifiquement commandés de conserver les traditions (paradosis) reçues des apôtres de
manière orale ou écrite. Les douze apôtres ne sont pas parmi nous aujourd’hui
pour nous dire de vive voix ce que l’on doit faire. Cependant, nous avons des
lettres qui contiennent leurs traditions (le Nouveau Testament). Le contexte
général de 2 Thessaloniciens 2 fait référence aux événements de la
fin des temps et non à la forme de l’église. Cependant,
le mot « traditions » (2:15) est au pluriel; l’auteur faisait
probablement référence à d’autres choses que seulement son enseignement sur la
seconde venue. Cela ne s’appliquerait-il pas aussi en principe aux
traditions relatives à l’ordre dans l’église, qui suivent le modèle du Nouveau Testament?
Fait intéressant, la version anglaise
NIV propose le mot « enseignements » plutôt que
« traditions », comme dans la plupart des versions françaises.
L’explication se trouve peut-être dans le fait qu’une tradition (paradosis)
peut inclure un enseignement (didaskalia), et que le contexte porte sur
la tradition orale des apôtres sur la fin des temps (2 Th 2:1-12).
Cependant, d'autres versions comme la KJV, l’ASV, la RSV et la NASV utilisent
toutes le mot « traditions », qui est aussi une traduction légitime
pour paradosis. Nous devons
considérer l’importance de ces différents passages concernant les
« traditions ». Plusieurs
croyants pensent que bien que les traditions apostoliques soient intéressantes,
il n’est jamais commandé de les suivre. Mais que recommande
2 Thessaloniciens 2:15? Adhérer à la tradition apostolique est-il
recommandé ou suggéré? Sans aucun doute, cela est clairement recommandé. Nous ne devons pas seulement adhérer à l’enseignement
apostolique, mais aussi aux traditions apostoliques (telles que révélées
exclusivement dans les Écritures). Nous sommes appelés à suivre les
traces des apôtres non seulement dans leur théologie, mais aussi dans leur
pratique.
Une attitude semblable se retrouve dans
2 Thessaloniciens 3:6-7a : « Frères, nous vous recommandons
aussi, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de vous éloigner de tout frère
qui vit dans le désordre, et non selon les enseignements qu'il a reçus de nous.
Car vous savez vous-mêmes comment vous devez nous imiter ». Le contexte ici fait référence à un travail
rémunérateur par opposition à l’oisiveté et la paresse. En contexte, cette tradition fait référence à une pratique beaucoup plus
qu’une doctrine. Les apôtres tenaient à ce que les églises suivent leurs
traditions (en théologie et en pratique). Devrions-nous
résumer ces traditions bibliques que nous suivons seulement à l’eschatologie et aux bonnes habitudes de travail?
Roger Williams, le fondateur de l’État du Rhode Island
et de la première église baptiste dans les Amériques (dans les années 1600),
est encore un exemple d’un chrétien qui croyait que les églises devaient
chercher à suivre les formes et ordonnances du Nouveau Testament avec autant de
rigueur que possible.9 Cette conviction l’a amené à fonder Rhode
Island en séparant l’église et l’état, selon le modèle du Nouveau Testament.
Être cohérent
Que peut-on en conclure? Est-ce la volonté de Dieu que
nos églises adhèrent au modèle du Nouveau Testament pour la forme de l’église?
Il apparaît évident que tout ce qui était une pratique normative pour toutes
les églises du Nouveau Testament devrait être une pratique normative pour les
églises d’aujourd’hui. Ce modèle d’église
explique peut-être en partie la dynamique particulière de l’église du premier
siècle, une dynamique que l’église d’aujourd’hui a perdue depuis si longtemps.
Si la Bible nous donne un commandement explicite, nous
devons absolument y obéir. Et dans les faits, la Bible nous commande d’adhérer
aux traditions des apôtres
(2 Th 2:15). La vraie question n’est donc pas : « Doit-on
faire les choses telles qu’elles étaient faites dans le Nouveau
Testament? » Elle est plutôt : « Pourquoi voudrions-nous faire
les choses autrement?! »
Quelles sont donc les traditions apostoliques
évidentes et bibliques pour la forme de l’église qui devraient être observées
dans les églises d’aujourd’hui? (N’oubliez pas
en lisant ces points qu’il existe un consensus dans les cercles intellectuels,
sans égard à la dénomination, sur le fonctionnement de l’église du premier
siècle.)
1 Le Repas du
Seigneur célébré comme un repas complet en commun (1 Co 11:17-34),
hebdomadairement (Ac 20:7,1 C 11:17-22) et comme étant la raison
principale pour laquelle la réunion est tenue chaque semaine
(Ac 20:7, Co 11:33).
2
Des réunions d’église interactives
(1 Co 14:26,37, He 10:24-25) où l’édification mutuelle,
l’encouragement et la communion sont les buts de l’assemblée (Ac 2:42,
1 Co 14:3-5, 12, 26, He 10:24-25).
3 Un
gouvernement d’église par consensus : des anciens qui conduisent et non
qui dominent (Lc 22:24-27, 1 P 5:1-4). De plus, un conseil des
anciens sans hiérarchie qui veut servir et qui est formé de plusieurs hommes
tirés du groupe. (1 Tm 3:1-7).
4 Des
églises-maison : c’est-à-dire de petites congrégations (Rm 16:5,
Co 4:15, Phm 2) qui cherchent à être d’un même esprit avec tous les
autres croyants et congrégations. Il n’y a rien d’extraordinaire en soi de se
réunir dans des maisons; c’est ce qui s’y fait qui compte et cela se fait mieux
dans une plus petite église. La norme du Nouveau Testament, c’est plusieurs
petites églises plutôt que quelques grandes églises.
5 Se
rencontrer régulièrement le Jour du Seigneur (Mt 28:1-7, Ac 20:7,
1 Co 16:1-4, Ap 1:9-11), le premier jour de la semaine en
l’honneur de la résurrection de Jésus.
6 Les enfants
qui assistent aux réunions d’église avec leurs parents (Mt 19:13-15,
Lc 2:41-50, Ac 21:5, Ép 6:1-3, Co 4:16). Les églises
fortifient et unissent ainsi les familles plutôt que de les diviser davantage.
7
Une église axée sur la communauté qui peut facilement
vivre la communion au quotidien (Ac 2:42-47).
8 La multiplication et l’avancement
de l’église à l’aide du ministère d’ouvriers d’église itinérants comme les
apôtres, les pasteurs-docteurs et les évangélistes (Ép 4:11-13).Ces
ministres peuvent tenir de plus grandes réunions dans le but de soutenir et non
de supplanter les réunions participatives ordinaires de l’église locale.
9 Des réunions d’enseignement régulières
spécifiquement consacrées à l’approfondissement des Écritures.
(Ac 2:42,1 :32, 20:7, Rm 12:7, 1 Tm 5:17).
Nous tenons donc à être cohérents. La plupart des
églises suivent déjà certaines de ces pratiques, mais non pas toutes. Mais pourquoi pas? C’est à ceux qui ont dévié du modèle du Nouveau Testament qu’il incombe de
s’expliquer et non à ceux qui désirent le mettre en pratique. La
cohérence est particulièrement importante puisque les apôtres s’attendaient à
ce que les églises suivent leurs traditions telles qu’ils les leur avaient
transmises (1 Co 11:2).
Les dangers
Le
manque de vigueur. Pour qu’une église fonctionne bien, il est tout d’abord essentiel de nourrir sa vie spirituelle. Jésus
est venu afin de nous donner la vie en abondance (Jn 10:10). Une bouteille
de vin ne vaut presque rien si elle ne contient du vin. De la même façon, une
église dont la forme est techniquement correcte mais qui n’est pas remplie du
vin de l’Esprit est une coquille vide. C’est un amas de bois sec sans feu.
Jésus est la Vigne et nous sommes les sarments. Sans Jésus on ne peut rien
faire (Jn 15:5). C’est une folie de s’attarder à perfectionner l’extérieur
si on néglige ce qui est vital — de marcher quotidiennement avec le Seigneur
Ressuscité. La réalité, c’est Jésus; la forme d’église apostolique est
l’application de cette réalité.
Une trop grande liberté. Ceux qui possèdent vraiment une vie spirituelle avec
Jésus sont parfois tentés de considérer sa manifestation extérieure comme étant
une question de liberté. Possédant ce qui est primordial (le vin), ils se
jugent aptes à décider des choses de moindre importance (l’outre). Ils croient
que l’Esprit leur permet de faire tout ce qu’ils veulent lorsqu’il s’agit de la
forme extérieure. Se soumettre aux prescriptions des apôtres leur apparaît
comme une singerie. Dès qu’une personne est sincèrement centrée sur Christ,
elle est prétendument libre de faire les choses à sa façon. Cependant Jésus
lui-même, dont l’autorité est indéniable, a fait cette mise en garde que de
verser le vin dans le mauvais récipient pouvait gâcher le vin (Mt 9:17).
Savons-nous vraiment mieux que les apôtres comment organiser l’église? En
faisant spécifiquement référence à la forme de l’église, Paul fit cette
réprimande : « Si quelqu'un croit être prophète, ou inspiré, qu'il
reconnaisse que les choses que je vous écris sont des commandements du
Seigneur. » (1 Co 14:37).
À l’occasion, des croyants vont réagir
trop fortement à la bureaucratie étouffante des églises conventionnelles et
deviendront des anarchistes. Leur idéalisme les pousse à s’opposer à toute
forme d’organisation. Pour eux, tout ce qui est visible et concret va à
l’encontre de l’invisible et du spirituel. C’est une fausse dichotomie. Cette
erreur est semblable à celle faite par ceux qui disent que Jésus ne pouvait
être sans péché puisqu’il est né dans la chair ou que, sans avoir péché, Il
n’aurait pu s’incarner en homme. L’église du Nouveau Testament était bien
organisée et notre fidélité à respecter les instructions du Seigneur exige que
nos églises soient aussi organisées.
Le
légalisme. Y a-t-il des
cas où il est justifié de ne pas suivre le modèle du Nouveau Testament? Bien sûr. Tout comme le sabbat a été fait pour l’homme
et non l’homme pour le sabbat (Mc 2:27), les gens aussi importent plus que
d’adhérer avec rigidité au modèle du Nouveau Testament. Pour expliquer ces
exceptions, le pasteur londonien
Beresford Job fait cette mise en garde : « Nous devons nous assurer
de ne pas faire d’une exception par rapport à la norme, permise en raison de
circonstances atténuantes, une nouvelle norme. Prenons
par exemple le baptême d’eau. Bien que la façon de baptiser ne soit
nulle part commandée, nous savons qu’il doit être fait par immersion au moment
de la conversion, car c’est ce que l’église du premier siècle faisait (la
tradition apostolique nous sert ici encore de modèle). (De plus, le mot grec baptizo
signifie immersion.) Pour qu’il soit conforme au modèle du Nouveau Testament,
le baptême d’une personne doit être effectué après sa profession de foi, par
immersion complète sous l’eau. Mais suppons qu’un quadraplégique confiné au lit
se convertisse au Seigneur. Il ne convient évidemment pas de baptiser un tel
homme par immersion. Il serait ici permis, avec raison, d’avoir recours à un
autre mode de baptême plus approprié. Bien que ce baptême ne serait plus
conforme au modèle des Écritures dans les apparences, il en respecterait
l’esprit. Néanmoins, tout ce que je viens de dire ne peut s’appliquer au
baptême d’une personne qui possède la pleine jouissance de son corps; on la
baptiserait de façon normale afin de respecter la volonté du Seigneur. »
Darryl Erkel, défenseur du renouveau de l’Église, a
soulevé « le danger de faire des modèles particuliers tirés du Nouveau
Testament une forme de légalisme où on devient condescendants ou même distants
avec nos frères parce qu’ils ne font pas les choses exactement comme on le
pense. Nous devrions toujours être prudents afin de ne pas donner aux autres
l’impression que leur église est mauvaise ou que Dieu ne peut utiliser leur
église parce qu’ils ne suivent pas les modèles apostoliques aussi fidèlement
que nous. Ce serait de l’orgueil pur et simple. Par ailleurs, nous devons
toujours considérer les opportunités où nous pouvons expliquer avec respect et
tact qu’il existe une meilleure façon — plus propice à la croissance
spirituelle du peuple de Dieu — car le fonctionnement de l’église du Nouveau
Testament se trouve amélioré par la forme de l’église du Nouveau
Testament! »
Si la Bible ne se prononce pas sur une chose — s’il
n’y a pas de commandement ni de modèle à suivre — on a alors la liberté de
faire ce qui nous convient (en comptant sur la direction du Saint-Esprit). Nous ne défendons pas une herméneutique
négative, qui affirme que si une pratique ne se trouve pas dans la Bible, on ne
peut la faire. Au contraire, nous favorisons une herméneutique normative selon
laquelle nous devrions conserver les pratiques qui s’avéraient être la norme
pour l’église du premier siècle. Les questions passées sous silence sont quant
à elles des questions ouvertes.
Le monde romain ne sera jamais plus. Il existe une
grande différence entre conserver la tradition apostolique et copier bêtement
tout ce qui se trouve dans le Nouveau Testament (porter des sandales, écrire
sur des parchemins, étudier à l’aide d’une lampe à l’huile, porter une toge,
etc.). Ce qui importe, c’est la forme de l’église. On doit cependant être
vigilant de ne pas faire un modèle de ce qui n’est pas un modèle dans le
Nouveau Testament. Par exemple, le communisme chrétien dans Actes 4 n’a eu lieu
qu’une seule fois et que dans une seule église. Bien que ce soit possible pour
des croyants de le faire à n’importe quelle époque, ce n’est ni un
commandement, ni un modèle du Nouveau Testament.
Conclusion
• Dieu dirige
par les modèles bibliques (les traditions) aussi bien que par les préceptes
bibliques (l’enseignement).
• Le modèle
d’église qui se trouve dans le Nouveau Testament doit généralement être suivi
par l’église à toutes époques.
• La tradition
apostolique (telle qu’elle se trouve dans la Bible) est en accord avec
l’enseignement apostolique.
• Les plus
importantes traditions du Nouveau Testament sur la forme de l’église sont la
célébration hebdomadaire du Repas du Seigneur comme un repas complet de
communion (1 Co 11), des réunions d’église interactive régulières
(1 Co 14), un gouvernement d’église par consensus (des anciens qui
conduisent plutôt que dominent, Lc 22:24 et les pages suivantes) et des
églises-maison (Rm 16:5).
• Suivre le
modèle du Nouveau Testament ne signifie pas de recréer aveuglément la culture
romaine (porter une toge, écrire sur des parchemins, lire à l’aide d’une lampe
à l’huile, etc.). Ce qui importe, c’est la forme de l’église. Des raisons
évidentes devraient sous-tendre les pratiques suivies.
• Suivre le
modèle du Nouveau Testament ne signifie pas que chaque église sera exactement
pareille. Elles seront probablement similaires à la base, mais il y a une
certaine liberté à l’intérieur des limites de la forme.
• Les
églises-maison bibliques n’ont pas de programme ni n’ont-elles le souci d’un
bâtiment comme beaucoup d’églises conventionnelles. Pour cette raison, certains
croient que les églises-maison n’ont aucune organisation. La fidélité à notre
Seigneur et Sa Parole induit l’église à suivre le modèle complet de Dieu pour
Son église. Les
églises-maisons ne sont pas institutionnelles mais elles doivent être
organisées. Suivre les traditions transmises par les apôtres signifie
que les églises-maison doivent avoir des responsables assignés, des réunions
régulières et ordonnées, une théologie véritable et solide, une discipline
active dans l’église et la célébration hebdomadaire du Repas du Seigneur.
• Si Christ ne
demeure pas le centre de ces choses, ce modèle mène au légalisme et à la mort;
il est une forme superficielle, une coquille vide (Jn 15:5). Nous avons besoin de l’outre
appropriée, mais plus encore du vin. Les deux ont leur place. Considérer l’un
sans l’autre devient problématique (Lc 5:36-38).
Vous rappelez-vous la citation des professeurs Fee et
Stuart qui disait que ce qui est simplement narré ou décrit ne peut jamais
s’imposer comme la norme? Dans la seconde édition de leur livre, ils ont
quelque peu changé cette affirmation : « À
moins que les Écritures ne disent explicitement qu’il faut faire quelque chose,
ce qui est simplement narré ou décrit ne peut jamais s’imposer comme la norme —
sauf s’il peut être démontré pour d’autres raisons que l’auteur l’a voulu
ainsi »10. Nous avons tenté de démontrer que les apôtres
ont effectivement voulu que les églises suivent les modèles qu’ils ont établis
pour l’ordre de l’église.
Pourquoi la plupart des responsables dans les églises n’ont-ils pas
adopté les pratiques de l’église du premier siècle? La raison est-elle qu’ils
ont étudié les passages présentés ici et qu’ils en ont rejeté l’application que
nous en faisons? Notre expérience nous a démontré que dans les séminaires, peu
d’importance est accordée au rôle que devraient jouer les traditions
apostoliques. Nous supposons que plusieurs pasteurs ont tout simplement adopté
les traditions historiques héritées de leur organisation ecclésiastique. Aujourd’hui, plusieurs églises sont
solidement établies dans les traditions formelles et culturelles qui ont été
développées après l’ère apostolique. Dans ce
cas, il est dangereux d’enrayer la tradition inspirée des apôtres au profit de
traditions plus modernes (Mt 15:1-3).
Nous partageons les sentiments de Jim
Elliot, un missionnaire et martyr, qui a écrit : « Le point central s’avère être si oui
ou non Dieu a révélé un modèle universel pour l’église dans le Nouveau
Testament. S’Il ne l’a pas fait, alors tout peut être fait, pourvu que cela
fonctionne. Mais je suis convaincu que
l’Épouse de Christ est tellement chère à son cœur, qu’il n’aurait pu la laisser
sans directives explicites sur son fonctionnement. De plus, je suis convaincu
que le 20e siècle n’a aucunement reproduit ce modèle d’église
parmi les communautés […] Alors si Dieu a
un modèle pour l’église, il est de mon devoir de trouver et d’établir ce modèle
à tout prix. »11
— Steve Atkerson
Notes
1 Gordon Fee & Douglas Stuart, How
To Read The Bible For All Its Worth, 1st ed. (Grand Rapids, MI: Zondervan, 1982), 97.
2
3 J.L. Dagg, Manual of
Theology: A Treatise on Church Order (Harrisonburg,
VA: Gano Books, 1990), 84-86.
4 Gordon Fee, New International
Commentary on the New Testament, The First Epistle to The Corinthians (
Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans
Publishing Co., 1987), 499.
5 Fritz Rienecker, Linguistic Key to
the Greek New Testament (Grand Rapids, MI:
Zondervan Publishing House, 1980), 423.
6 Beuer, Arndt, Gingrich & Danker,
A Greek-English Lexicon of the New Testament (Chicago: University of Chicago Press, 1979), 615.
7 Fee, 500.
8 Watchman Nee, The
Normal Christian Church Life (Colorado Springs, CO: International Students
Press, 1969), 8-9.
9 Edwin Gaustad,
10 Fee & Stuart, 2nd Ed., 106.
11 Elizabeth Elliot, Shadow of The
Almighty: Life and Testimony of Jim
Elliot (San Francisco, CA: Harper
& Row, 1989), 138-139.
Question à discuter
1. Supposons qu’il soit possible d’écrire aux
premiers apôtres et de les questionner au sujet de la forme de l’église.
Croyez-vous qu’ils répondraient qu’ils s’attendent à ce vous suiviez leur
exemple concernant la forme de l’église ou bien vous auraient-ils encouragé à
faire ce que vous voulez? Expliquez.
2. Comment l’axiome la fonction détermine la forme s’applique-t-il à la façon que les
apôtres ont établi et organisé l’église?
3. Quels passages du Nouveau Testament démontrent
soit qu’il y avait une uniformité des pratiques de base dans toutes les églises
du Nouveau Testament, soit que chacune était unique et différente?
4. Jésus a repris les Pharisiens de garder leurs
traditions (Mt 15) mais Paul a louangé les Corinthiens de conserver ses
traditions (1 Co 11). Quelle est la différence?
5. Pourquoi est-ce important de faire une
distinction entre la tradition apostolique, comme on la trouve dans le Nouveau
Testament, et la tradition subséquente des pères de l’église, comme on la
trouve dans l’histoire? Laquelle devrait-on choisir? Pourquoi?
6. La loi mosaïque était paradigmatique de
nature. De quelle façon le principe paradigmatique s’applique-t-il aux
commandements du Nouveau Testament qui nous dictent de suivre des traditions
apostoliques particulières (2 Th 2:15, 3:6)?
7. Comment Philippiens 4:9 s’applique-t-il
aujourd’hui considérant la façon que Paul a organisé les églises?
8. Par quelle autorité les apôtres ont-ils
établi des modèles que toutes les églises doivent suivre? Jn 13:20, 15:20,
Ac 1:1-3, 2:42.
9. Quelle est la différence entre conserver les
traditions apostoliques et copier bêtement tout ce qui se trouve dans le
Nouveau Testament (porter des
sandales, écrire sur des parchemins, étudier à l’aide d’une lampe à l’huile,
porter une toge, etc.)?
10. Jésus a lavé les pieds de ses disciples et
l’église de Jérusalem a mis ses biens en commun. Comment pouvons-nous
déterminer ce qui est et ce qui n’est pas une tradition apostolique à suivre?
11. Quelles sont quelques-unes des traditions
apostoliques sur la forme de l’église qui sont souvent négligées aujourd’hui?
12. Comment devrions-nous aborder le fait qu’il y
ait un consensus généralisé parmi les spécialistes au sujet de la forme de
l’église du premier siècle?
13. De quelle façon l’église d’aujourd’hui
devrait-elle considérer le modèle de la forme d’église du Nouveau Testament? Les traditions des apôtres se
résument-elles à des faits historiques intéressants ou bien devraient-elles
constituer la norme de la forme de l’église?
14. Certains croient que c’est de la folie de
tenter de recréer l’église « primitive » du premier siècle
puisqu’elle était loin d’être parfaite. Ils disent que Dieu voulait que son
église quitte l’enfance, grandisse et gagne en maturité. Même que les premiers
croyants sont considérés comme des exemples de ce qu’il ne faut pas faire en tant qu’église. De plus, on
avance aussi qu’il est impossible d’agir de la même façon que l’église du
premier siècle puisque nous n’avons plus les premiers apôtres parmi nous.
Comment répondriez-vous à cet argument?
15. Pourquoi préfère-t-on souvent la tradition de
l’église historique au détriment de la tradition historique du Nouveau
Testament?
16. L’église dont vous faites partie est-elle soucieuse
du modèle du Nouveau Testament, l’ignore-t-elle presque totalement ou bien
choisit-elle selon son bon plaisir quels exemples apostoliques doivent être
suivis? Comment vous sentez-vous par rapport à cela?
Remarque :
La NTRF
offre aussi des ressources pour l’enseignant afin de l’aider à diriger une
discussion au sujet de la vie d’église du Nouveau Testament. Demandez The Practice of The