Ils persévéraient dans l’enseignement des
apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans
les prières.
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Ekklésia |
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le repas du seigneur — festin ou famine?
Le repas est un repas agape qui dépend
de la providence de Dieu. Chacun apporte de la nourriture afin de la partager
avec les autres. Lorsqu’il fait beau, tous les plats sont mis sur une
table pliante à l’extérieur. Une caisse remplie de glace est placée près
des breuvages. Les enfants courent partout autour. Ils s’amusent
tellement que les parents doivent les appeler pour qu’ils viennent
manger. Après l’action de grâce pour le repas, les gens font la ligne en
parlant et riant tout en préparant leur assiette. Au centre de la table, parmi
les autres plats, se trouvent un seul pain et une grande bouteille contenant le
fruit de la vigne. Chaque croyant se partage le pain et le jus/vin lorsqu’il
fait la ligne pour se servir.
Les plus jeunes enfants
sont encouragés à se mettre à l’une des quelques places à la table pour
manger. (Ils peuvent faire bien du dégât!) Des chaises pour les adultes (il
n’y en a pas assez pour tous) sont disposées en cercle et principalement
occupées par les femmes qui, tout en mangeant, discutent d’école à la
maison, d’éducation des enfants, de couture, d’un événement social
prochain avec l’église, de la nouvelle église que l’on espère
mettre sur pied, etc. La plupart des hommes restent debout pour manger et font balancer
leurs assiettes sur leurs tasses. Ils sont rassemblés en petits groupes et
tentent de résoudre les problèmes planétaires ou bien de débattre d’un
intéressant sujet de théologie. L’ambiance s’apparente plutôt à
celle d’un banquet de noce. C’est un temps privilégié pour la
communion, l’encouragement, l’édification, l’amitié, le soutien,
les nouvelles, la prière, l’exhortation et la croissance. Quelle est la
raison de cet événement? Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,
c’est le Repas du Seigneur à la façon du Nouveau Testament!
Aussi étrange que cela puisse paraître
pour l’église contemporaine, l’église du premier siècle partageait
le Repas du Seigneur comme un banquet qui présageait le Souper des Noces de
l’Agneau. Ce ne sera qu’après la fin de l’ère du Nouveau
Testament que le Repas du Seigneur sera changé par rapport à sa forme d’origine.
Si c’était en effet la pratique de l’église du premier siècle, ne
devrions-nous pas suivre son exemple?
Sa forme et sa raison d’être : un festin et
l’avenir
Le tout premier Repas du Seigneur est
aussi appelé le Dernier Repas puisque c’était le dernier repas que Jésus a
partagé en compagnie de ses disciples avant Sa crucifixion. Le repas s’est
tenu à l’occasion de la Pâque. À ce Festin de Pâque, Jésus et Ses
disciples se sont allongés à une table qui devait regorger de nourriture
(Ex 12, Dt 16). Selon la tradition juive, ce repas durait pendant des
heures. Au cours du repas (« comme
ils mangeaient, Mt 26:26 »), Jésus prit un pain et le compara à son
corps. Il avait déjà pris une coupe et
leur avait demandé que chacun y boive. Plus tard, « après avoir soupé » (Lc 22:20), Jésus prit la coupe et la
compara à son sang qui devait être versé pour nos péchés. Ainsi, le pain et le
vin du Repas du Seigneur furent introduits dans le cadre d’un repas
complet, plus spécifiquement celui du festin de la Pâque. Les Douze en auraient-ils
conclu de quelque façon que le Repas du Seigneur nouvellement institué
n’était pas un vrai repas? Ou n’auraient-ils
pas simplement supposé qu’il devait être un festin semblable à celui de
la Pâque?
Selon un spécialiste du grec, « La
Pâque célébrait deux événements, la délivrance de l’Égypte ainsi que la
délivrance anticipée par la venue du Messie. »1 Peu après le
Dernier Repas, Jésus est devenu le vrai Agneau sacrificiel de la Pâque en
souffrant sur la croix pour délivrer Son peuple de ses péchés. Jésus désirait
ardemment célébrer cette dernière Pâque avec ses disciples, disant qu’il ne
« la mangerait plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le
royaume de Dieu » (Lc 22:16). Remarquez bien que Jésus anticipait ce
moment où Il pourrait de nouveau célébrer la Pâque dans le royaume de Dieu.
Plusieurs croient que « l’accomplissement » (Lc 22:16) de
cela a été écrit plus tard par Jean dans Apocalypse 19:7-9. À cet endroit,
Jean rapporte qu’un ange a déclaré « Heureux ceux qui sont appelés
au banquet des noces de l'Agneau! ». Ainsi, le Dernier Repas et tous les
Repas du Seigneur tendent vers l’accomplissement du repas de noces de
l’Agneau. Y a-t-il une meilleure façon de représenter un banquet
qu’avec un banquet? Célébrer le Repas du Seigneur chaque semaine comme un
repas complet de communion est comme une préfiguration du vrai repas de noces.
La très reconnue Encyclopaedia Britannica
affirme que : « la chrétienté du premier siècle considérait cette
institution comme un commandement […] en apprenant à vivre, même dans la
vie présente, les joies du banquet céleste qui devait venir dans le royaume de
Dieu […] le passé, le présent et le futur se rencontraient alors dans
l’Eucharistie. »2
Le Seigneur songeait à Son futur banquet
de noces lors de cette Pâque toute particulière. Jésus le mentionne une
première fois au début du festin de Pâque (« Je ne la mangerai plus,
jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. » Lc 22:16). Il le mentionne encore quand il fait passer
la coupe en disant « Je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce
que le règne de Dieu soit venu. » (Lc 22:18). Et puis, après le
souper, Il fait encore référence au banquet en disant « Et je dispose
du royaume en votre faveur […] afin que vous mangiez et que vous buviez à
ma table dans mon royaume » (Lc 22:29-30). R.P. Martin, professeur du
Nouveau Testament au séminaire Fuller Theological Seminary, a écrit qu’il
y a des « connotations eschatologiques » dans le Repas du Seigneur
car il reflète « l’espérance en l’avènement de gloire à
venir ».3
Tandis que les Gentils modernes associent
le ciel aux nuages et aux harpes, les Juifs du premier siècle considéraient le
ciel comme le moment pour festoyer à la table du Messie. Cette idée de manger
et de boire à la table du Messie était une image commune dans la pensée juive
du premier siècle. Par exemple, un chef religieux juif a déjà dit à Jésus « Heureux
celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu! » (Lc 14:15).
Jésus Lui-même a dit, « Aussi je vous dis que plusieurs viendront d'Orient
et d'Occident, et seront à table dans le royaume des cieux, avec Abraham, Isaac
et Jacob » (Mt 8:11). Cette image du ciel où l’on mange en
présence du Seigneur peut s’être développée suite aux événements du Sinaï.
Les anciens d’Israël ont accompagné Moïse au sommet de la montagne où « ils
virent Dieu, et ils mangèrent et burent. » (Ex 24:11). Moïse a fait remarquer
avec raison « il n'étendit point sa main sur ceux qui avaient été choisis
d'entre les enfants d'Israël ».
Que le repas soit associé à la venue du
royaume de Christ se reflète aussi dans le modèle de prière recommandé par
Jésus dans Luc 11. En faisant référence au royaume, Jésus nous a enseigné
à prier « Ton règne vienne » (11:2). La prochaine requête est
« Donne-nous chaque jour notre pain quotidien » (11:3). Cependant,
l’expression grecque de Luc 11:3 est difficile à traduire.
Littéralement, cela veut dire quelque chose comme « le pain qui appartient
au jour à venir, donne-le-nous aujourd’hui ». Une note dans la marge
de la version NASV dit « le pain du jour à venir ». Si on relie
ensemble les versets 11:2 et 11:3, Jésus aurait bien pu être en train
d’enseigner de demander de recevoir aujourd’hui du pain du banquet
messianique à venir, c’est-à-dire « Ton règne vienne — Que le
festin commence aujourd’hui! » Athanase l’a expliqué comme
« le pain du monde à venir ».4
Évidemment,
des changements majeurs sont survenus lors du passage de l’Ancienne à la
Nouvelle Alliance, du Festin de la Pâque au Repas du Seigneur. La Pâque
était un événement annuel. Le Repas du Seigneur était célébré hebdomadairement.
Les ordonnances relatives à la Pâque exigeaient un agneau et des herbes amères.
Le Repas du Seigneur n’oblige à aucune restriction alimentaire — en
fait, le Seigneur Jésus est l’Agneau pascal! Jésus a ajouté le fruit de
la vigne comme étant un élément essentiel du Repas. Moïse ne mentionne rien au
sujet du vin pour la Pâque. Pourtant, bien peu de ce que Jésus a dit au sujet
de ces changements fondamentaux a été conservé dans les Évangiles. Il a été
laissé aux apôtres d’expliquer plus en détail et de démontrer
concrètement les enseignements de Jésus. C’est ce qu’ils ont fait
dans les épîtres. Les écrits des Apôtres sont, essentiellement, des
commentaires sur les enseignements de Jésus tels que trouvés dans les récits
des Évangiles. Parmi les changements qui se sont faits en passant de la Pâque
au Repas du Seigneur, certains pourraient affirmer que Jésus leur a enseigné à abandonner
le repas et à garder seulement une gorgée de vin et un morceau de pain
symboliques. Puisque Jésus a dit qu’Il ne
le mangerait pas jusqu’à sa consommation à venir, n’est-il pas vrai
d’affirmer que l’église aussi devrait attendre le retour de Jésus
pour le manger encore une fois? La réponse se trouve dans la pratique et les
enseignements subséquents des apôtres.
C’est dans les chapitres dix et
onze de 1 Corinthiens que l’on traite le plus en profondeur du Repas
du Seigneur. Les profondes divisions des croyants de Corinthe ont fait en sorte
que leurs réunions à l’occasion du Repas du Seigneur ont servi au mal
plutôt qu’au bien (11:17-18). Ils partageaient le Repas
« indignement » (11:27). Les plus riches d’entre eux, qui ne
voulaient peut-être pas manger avec les classes sociales inférieures, se
rassemblaient effectivement plus tôt et restaient là si longtemps que quelques-uns
étaient même ivres. Lorsque les croyants de la classe ouvrière arrivaient,
retardés probablement par les contraintes de leur travail, la situation était
pire puisqu’il ne restait plus aucune nourriture. Les pauvres
retournaient chez eux, affamés (11:21-22). Certains Corinthiens ne
reconnaissaient pas le Repas comme le repas sacré de l’alliance (11:23-32).
Les abus étaient si graves que ce qui
devait être le Repas du Seigneur était
plutôt devenu leur propre repas
(11:21). Si tout ce qu’ils
voulaient était de manger leur propre repas, de le manger chez soi aurait été
la chose à faire. C’est pourquoi Paul leur demande « N'avez-vous pas
des maisons pour manger et pour boire? ». Leur égoïsme entaché de péché a
entièrement trahi l’essence même de ce que veut dire le Repas du
Seigneur.
Par la nature de leur abus, il est
évident que l’église de Corinthe partageait régulièrement le Repas du
Seigneur sous la forme d’un repas complet. Par opposition, très peu de
gens dans les églises modernes participeraient au service d’un Repas du
Seigneur typique en s’attendant à être rassasiés. Il est encore moins
probable qu’ils s’enivrent avec une coupe de vin de la grosseur
d’un dé à coudre. Gardez à l’esprit que Paul a écrit aux
Corinthiens environ vingt ans après que Jésus ait changé son Dernier Repas en
Repas du Seigneur. Tout comme le Dernier Repas était un vrai repas, les
Corinthiens considéraient aussi le Repas du Seigneur comme un vrai repas. Où
auraient-ils pris cette idée de célébrer le Repas du Seigneur comme un vrai
banquet si ce n’était des apôtres eux-mêmes?
Certains ont suggéré que Jésus, les
apôtres et l’église du premier siècle célébraient en effet le Repas du
Seigneur mais que ces abus à Corinthe ont incité Paul à y mettre fin. Par
exemple, le commentaire original qui se trouve dans la Bible de Genève de 1599
affirme « L’apôtre croit qu’il est bon de faire cesser les
festins agape en raison des abus, bien qu’ils existaient depuis longtemps,
qu’ils étaient approuvés dans les Églises, ainsi que commandés et institués
par les apôtres. »5 Nous nous demandons : un apôtre
peut-il renverser à lui seul quelque chose qui a été établi par la Seigneur
Lui-même et pratiqué par tous les autres apôtres et églises? En fait, le ferait-il même s’il le
pouvait?
La solution inspirée à l’abus du
Repas que faisaient les Corinthiens n’était pas que l’église cesse
de le manger comme un repas complet. Plutôt, Paul a écrit : « quand
vous vous assemblez pour manger, attendez-vous les uns les autres ». On
ordonne seulement à ceux qui sont trop affamés, indisciplinés ou égoïstes pour
attendre les autres de « manger dans sa maison » (1 Co 11:34).
C.K. Barrett fit cette mise en garde : « Cela semble impliquer en
apparence que le repas qui n’est pas sacré doit être pris à la maison
[…] Mais ce que Paul veut dire, c’est que si les riches souhaitent
manger et boire entre eux afin de profiter d’une nourriture meilleure que
celle de leurs frères plus pauvres, ils devraient le faire à la maison;
s’ils ne peuvent attendre les autres (verset 33), s’ils
doivent se satisfaire à l’excès, ils pourraient du moins empêcher les
pratiques qui discréditent le repas commun de l’église […] Paul
veut simplement dire que ceux qui ont si faim qu’ils ne peuvent attendre
leurs frères devraient satisfaire leur faim avant de quitter la maison afin que
la décence et l’ordre puissent être maintenus dans
l’assemblée. »6
De plus, le mot grec pour
« cène » (1 Co 11:20), deipnon,
veut littéralement dire « souper, le repas principal vers le soir, un
banquet ». Sans doute, cela ne fait jamais référence à quelque chose de
moindre qu’un repas, comme une entrée, une collation ou des hors-d'œuvre.
Quelles sont les chances que les auteurs du Nouveau Testament utilisent deipnon pour parler du
« Repas » du Seigneur s’il n’est pas censé être un repas
complet? Plusieurs aspects prophétiques sont rattachés au Repas du Seigneur. En
repas complet, il préfigure le festin du royaume à venir, le repas de noces de
l’Agneau.
La plupart des spécialistes de la Bible
s’entendent pour conclure que le Repas du Seigneur était à l'origine pris
sous la forme d’un repas complet. Par exemple, le spécialiste britannique
du Nouveau Testament Donald Guthrie affirme que l’apôtre Paul « a
établi le Repas du Seigneur dans le contexte d’un repas commun. »7
Gordon Fee, professeur émérite de
Regent College a fait remarqué « le phénomène quasi universel de repas
sacrés comme faisant partie du culte dans l’antiquité » et « le
fait que dans l’église du premier siècle le Repas du Seigneur était
probablement mangé en tant que vrai repas ou du moins accompagné d’un tel
repas. » Fee souligne encore que « dès le début le Dernier Repas n’était pas pour les chrétiens une Pâque chrétienne
annuelle mais un repas répété régulièrement en “l’honneur
du Seigneur ”, d’où le Repas du Seigneur. »8
G. W. Grogan, directeur du Bible
Training Institute de Glasgow, en écrivant pour le New Bible Dictionary, a
observé que « Le récit de Saint Paul (dans 1 Co 11:17-37) sur
l’administration de l’Eucharistie se fait dans le contexte
d’un repas de communion […] La séparation du repas ou de
l’Agape de l’Eucharistie vient après l’époque du Nouveau
Testament. »9
Dans son commentaire sur 1 Corinthiens,
C.K. Barrett fait cette observation : « le Repas du Seigneur était
encore à Corinthe un repas ordinaire auquel des actions à la signification
symbolique étaient rattachées plutôt qu’un repas purement symbolique. »10
Williston Walker, professeur de
l’histoire de l’église à Yale, a noté que « Des services
étaient tenus les dimanches et probablement aussi d’autres jours. Depuis
le temps des apôtres, ils étaient de deux types : des réunions pour la
lecture des Écritures, la prédication, les chants et la prière; et un repas du
soir commun avec lequel on prenait le Repas du Seigneur. »11
Dr. John Gooch, éditeur à la United Methodist Publishing House à
Nashville, Tennessee, a écrit : « Durant le premier siècle, le Repas
du Seigneur n’était pas seulement constitué du pain et de la coupe mais
d’un repas entier. »12
J.J.
Pelikan, professeur sterling en études religieuses à Yale a conclu
« Souvent, sinon toujours, il était célébré dans le contexte d’un
repas commun. »13
Ses fonctions : 1) un rappel pour Jésus
Partager le pain et le vin lors
d’un vrai repas a plusieurs fonctions. L’une d’elles est de
rappeler à Jésus la promesse de Son retour. Rappeler à Dieu les promesses de
Son alliance est un concept parfaitement biblique. Lorsque Dieu a conclu une
alliance avec Noé, Il a promis qu’il ne détruirait plus jamais la terre
par un déluge et l’arc-en-ciel en fut le signe. Ce signe est bien sûr
pour nous rappeler la promesse de
Dieu, mais Dieu a aussi déclaré : « L'arc sera donc dans les nuées,
et je le regarderai, pour me souvenir de
l'alliance éternelle entre Dieu
et tout être vivant, de toute chair qui est sur la terre. » (Gn 9:16,
mis en italique par l’auteur)
Plus tard dans son plan du salut, Dieu
a promis de délivrer les Israélites de leur futur esclavage en Égypte car cela
faisait partie de Son alliance avec Abraham. Alors, au moment venu :
« Et Dieu entendit leurs gémissements; et Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, avec Isaac, et avec
Jacob. Et Dieu regarda les enfants d'Israël, et Dieu connut leur état. »
(Ex 2:24-25, mis en italique par l’auteur)
Durant la captivité babylonienne,
Ézéchiel rapporte que Dieu a promis à Jérusalem : « je me souviendrai de l'alliance que j'ai
faite avec toi. » (Éz 16:60, mis en italique par l’auteur)
Le Repas du Seigneur est le signe de la
nouvelle alliance. Lorsque Jésus a pris la coupe, Il a dit : « Car
ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour
plusieurs, pour la rémission des péchés. » (Mt 26:28). De même que
pour tous les signes d’une alliance, il sert de rappel des promesses de
l’alliance. C’est pourquoi Jésus a dit que nous devons manger le
pain «en mémoire de moi » (Lc 22:19). Le mot grec traduit par
« mémoire », anamnesis,
veut dire « rappel ». Traduit littéralement, Jésus a dit « faites
cela pour me le rappeler ».
La question est : ce rappel est-il
premièrement pour nous ou pour Jésus? Le théologien allemand Joachim Jeremias a
interprété l’emploi par Jésus du mot anamnesis
dans le sens d’un rappel pour Dieu : « Le Repas du Seigneur
devient alors une prière en action. »14 Dans The Eucharistic Words of Jesus (Les
paroles eucharistiques de Jésus), on avance que le mot grec
« jusqu’à » (1 Corinthiens 11:26, achri hou) n’est pas seulement une
référence temporelle mais également un préposition indiquant un but à atteindre.
C’est-à-dire que la fonction du repas est de constamment rappeler à Dieu son
avènement.15
Les mots « de moi » dans
Luc 22:19 sont traduits du seul mot grec emou, qui grammaticalement dénote la possession (suggérant que le
rappel appartient en fait à Jésus). Plus qu’un simple pronom personnel,
c’est un pronom possessif. L’église doit donc partager le pain du
Repas du Seigneur spécifiquement pour rappeler à Jésus la promesse de Son
retour afin de le célébrer encore avec nous, en personne (Lc 22:16,18).
Compris de cette façon, il est comme une prière incitant Jésus à revenir (« Ton
règne vienne », Lc 11:2). Tout comme l’arc-en-ciel rappelle à
Dieu Son alliance avec Noé, ou tout comme les gémissements ont rappelé à Dieu
Son alliance avec Abraham, ainsi en est-il du partage du Repas du Seigneur qui
rappelle à Jésus la promesse de Son retour.
Paul, dans 1 Corinthiens 11:26,
confirme cette idée en affirmant que l’église en célébrant le Repas du
Seigneur, « annonce la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il
vienne ». À qui annonçons-nous Sa mort et pourquoi? Évidemment, au
Seigneur lui-même, afin de lui rappeler de revenir. Il est significatif que le
mot grec qui donne « jusqu’à » soit achri hou. Par la nature de son emploi ici, il peut
grammaticalement dénoter un but ou un objectif.16 Si je dis que
j’utilise le parapluie « jusqu’à » ce qu’il arrête
de pleuvoir, ce mot dénote simplement une durée (utiliser le parapluie
n’arrêtera pas la pluie). Cependant, ce n’est pas de cette manière
que le mot grec qui donne « jusqu’à » est employé dans 1 Corinthiens 11:26.
Au contraire, Paul enseignait à l’église à partager le pain et la coupe
comme un moyen d’annoncer la mort du Seigneur (comme un rappel) dans le
but de (« jusqu’à ») le persuader à revenir! Ainsi en annonçant
Sa mort avec le pain et la coupe, le Repas présageait et anticipait Son retour.
Le concept de chercher à persuader le
Seigneur à revenir est semblable à la supplication des martyrs
d’Apocalypse 6 qui s’écrient « Jusqu'à quand, ô Souverain, le
saint et le véritable, ne jugeras-tu point, et ne vengeras-tu point notre sang
sur ceux qui habitent sur la terre? » (Ap 6:10). Et à quoi Pierre
songeait-il lorsqu’il a écrit que ses lecteurs devraient anticiper le
jour de Dieu et « hâter sa venue » (2 P 3:12)? S’il
était inutile de chercher à persuader Jésus de revenir, alors pourquoi nous
enseigne-t-Il à prier « Ton règne vienne, ta volonté soit faite »?
(Mt 6:9-10). Il est intéressant que les premiers chrétiens (dans la Didachè x.6) employaient maran atha (« Seigneur,
vient ») comme une prière associée au Repas du Seigneur, « dans un
contexte à la fois eucharistique et eschatologique ».17 En
faisant référence à l’emploi du mot maranatha
dans 1 Corinthiens 16:22, Dr R.P. Martin écrit « Maranatha dans 1 Co 16:22 peut
très bien être placé dans un contexte eucharistique pour que la conclusion de
la lettre termine avec l’invocation “Seigneur, vient ! ”
et prépare donc le terrain à la célébration du Seigneur qui a lieu après la
lecture de la lettre à la congrégation. »18
Ses fonctions : 2) créer l’unité
L’importance du Repas en tant que
vrai repas ne signifie pas qu’il faut abandonner le pain et la coupe, les
symboles du corps et du sang de notre Seigneur. Au contraire, ils demeurent un
aspect vital du Repas (1 Co 11:23-26). Le pain et le vin sont là pour
représenter le corps et le sang de notre Seigneur. Sa mort propitiatoire sur la
croix est le fondement même du Repas du Seigneur.
Comme la forme du Repas du Seigneur est
importante (un repas complet de communion qui préfigure le banquet de noces de
l’Agneau), la présentation du pain et de la coupe importe tout autant. On
fait mention dans les Écritures de la
coupe de bénédiction (singulier) et d’un seul pain : « Comme il y a un seul pain, nous qui sommes
plusieurs, ne sommes qu’un seul corps; car nous participons tous au même
pain. » (1 Co 10:16-17). Un seul pain illustre non seulement
notre unité en Christ, mais selon 1 Corinthiens 10:17, il crée même l’unité! Soyez attentifs
aux termes du texte inspiré. «Comme » il y a un seul pain, nous ne sommes
qu’un seul corps, « car » nous participons tous au même pain (1 Co 10:17).
Se partager des morceaux de craquelins brisés et plusieurs coupes de jus est
une image de désunion, de division et d’individualité. Du moins, cela ne
représente aucunement l’image d’unité. Un spécialiste a dit que le
Repas du Seigneur était « un moyen d’engendrer l’unité dans
l’église […] »19.
Quelques personnes à Corinthe étaient
coupables de prendre part au Repas du Seigneur « indignement »
(1 Co 11:27). Les riches refusaient de manger avec les pauvres. Les
riches arrivaient au lieu de rassemblement si tôt que lorsque les pauvres
arrivaient plus tard, quelques riches étaient ivres et il ne restait plus de
nourriture. Les pauvres retournaient chez eux affamés. Ces divisions honteuses
entre les classes annulaient l’unité que le Repas du Seigneur était censé
engendrer. Les abus des Corinthiens étaient si graves que ce n’était plus
le Repas du Seigneur mais plutôt leur « propre » repas (1 Corinthiens 11:21).
Cette faute des riches à discerner le corps du Seigneur chez leurs frères plus
pauvres a eu pour conséquence le jugement divin : plusieurs d’entre
eux étaient malades et un grand nombre sont morts. (1 Co 11:27-32). La
solution de Paul à ces réunions nuisibles? « C'est pourquoi, mes frères,
quand vous vous assemblez pour manger, attendez-vous les uns les autres. »
(1 Co 11:33). Quelqu’un qui avait trop faim et qui ne pouvait
attendre devait « manger dans sa maison » (1 Co 11:34). Une
des raisons pour laquelle les Corinthiens n’étaient pas unis était
précisément parce qu’ils négligeaient de manger le Repas du Seigneur
ensemble comme un repas complet et axé sur une seule coupe et un pain.
Ses fonctions : 3) la communion
En parlant des églises de Laodicée,
notre Seigneur ressuscité s’est offert à entrer et à manger (deipneo) avec n’importe qui
entendait Sa voix et ouvrait la porte, une image de camaraderie et de communion
(Ap 3:20). L’idée de communion et d’acceptation symbolisée par
le partage d’un repas n’avait pas ses racines seulement dans la
culture hébraïque du temps de Jésus mais aussi dans les débuts des Écritures
hébraïques. Ex 18:12 révèle que Jéthro, Moïse, Aaron et tous les anciens
d’Israël sont allés manger du pain en présence de Dieu. Un autre repas
divin a eu lieu à l’occasion de l’alliance du Sinaï lorsque Moïse,
Aaron, Nadab, Abihu et les soixante-dix anciens d’Israël gravirent le
Mont Sinaï où ils « virent Dieu et ils mangèrent et burent » (Ex 24:9-11).
Il est significatif que « Dieu n’étendit point sa main sur ceux qui avaient
été choisis d’entre les enfants d’Israël » (Ex 24:11a).
Ils étaient acceptés par Lui comme le démontre le repas sacré qu’ils
mangèrent en Sa présence.
La « communion par le festin »
est un thème qui revient dans le livre des Actes où l’on apprend que
l’église du premier siècle persévérait « dans la communion par la
fraction du pain » (2:42, traduction littérale). Dans plusieurs
versions, il y a un « et » dans Actes 2:42 entre doctrine et
communion, et entre « pain » et « prière » mais pas entre
« communion » et « pain ». Dans le grec, les mots
« communion » et « rompre le pain » sont liés ensemble
comme des activités simultanées. Ils
avaient la communion ensemble pendant qu’ils
rompaient le pain entre eux. Luc ajoute aussi qu’ils mangeaient avec
« joie et simplicité de cœur » (2:46). C’est invitant,
n’est-ce pas?
Plusieurs commentaires associent l’expression
« fraction du pain » qui se retrouve dans le livre des Actes au Repas
du Seigneur. C’est parce que Luc, qui a écrit les Actes, a rapporté dans
son évangile que Jésus a pris le pain et l’a « rompu » au
dernier repas (Lc 22:19). Si cette conclusion est exacte, alors
l’église du premier siècle célébrait le Repas du Seigneur comme un temps
de communion et de joie, comme quelqu’un qui célèbre un banquet de noces.
F.F. Bruce était aussi d’avis que dans Actes 2, la communion prenait
forme concrètement par la fraction du pain. Bruce soutien aussi que
l’expression « fraction du pain » dénote « quelque chose
qui va au-delà du partage ordinaire d’un repas : l’observation
régulière du Repas du Seigneur est signalée sans aucun doute […] son
observation semble avoir été fait lors d’un repas ordinaire. »20
Par opposition, plusieurs églises
modernes prennent part au Repas du Seigneur dans une ambiance funeste.
L’orgue joue une douce musique méditative. Les têtes sont baissées et les
yeux fermés pendant que les gens procèdent silencieusement à
l’introspection de leur âme pour y déceler les péchés non confessés. La
coupe et le vin sont disposés sur une petite table couverte d’un drap
blanc, presque comme une dépouille le serait lors de funérailles. Comme des
porteurs de cercueil, les diacres distribuent solennellement les éléments. Ceci,
est-ce vraiment garder la tradition eucharistique des apôtres? Rappelez-vous
que c’était la manière indigne
que Paul a critiquée (1 Corinthiens 11:27) et non pas les gens indignes. Cette manière indigne
était de l’ivresse à la table du Seigneur, de ne pas manger ensemble et
que les pauvres retournaient chez eux affamés et humiliés. En effet, chacun
devrait s’examiner lui-même avant d’arriver pour le repas afin
d’être certain qu’il n’est pas coupable du même péché grave
dont les Corinthiens étaient coupables : négliger de discerner le corps du
Seigneur chez ses frères dans la foi (1 Corinthiens 11:28-29). Une
fois que nous nous sommes jugés nous-mêmes, nous pouvons participer au repas
sans craindre le jugement et se réjouir en la communion du Repas du Seigneur
comme un vrai banquet de noce est censé l’être.
Sa fréquence : hebdomadaire
À quelle fréquence l’église du
Nouveau Testament partageait-elle le Repas? Les premiers chrétiens célébraient
le Repas du Seigneur hebdomadairement et c’était le but principal de leur
rencontre chaque Jour du Seigneur. Encore une fois selon la Encyclopaedia Britannica, le Repas du
Seigneur est « le rite central du culte chrétien » et « il a été
partie intégrante du service chrétien depuis les tout premiers jours de
l’église ».21
Cette évidence se voit tout
d’abord grammaticalement. Le terme technique « Jour du
Seigneur » vient d’une expression unique dans le grec, kuriakon hemeran, qui veut littéralement
dire « le jour qui appartient au Seigneur ». Les mots
« appartient au Seigneur » sont tirés du mot kuriakos qui apparaît seulement dans le Nouveau Testament dans
Apocalypse 1:10 et dans 1 Corinthiens 11:20, où Paul
l’emploie pour faire référence au « Repas du Seigneur » ou au
« Repas appartenant au Seigneur » (kuriakon deipnon). Le lien
entre ces deux emplois ne doit pas être ignoré. Si le but de la réunion
hebdomadaire de l’église est d’observer le Repas du Seigneur, il
est logique que ce repas appartenant
au Seigneur soit célébré le jour
appartenant au Seigneur (le premier jour de la semaine). Jean a reçu sa vision,
l’Apocalypse (Ap 1:10), le premier jour de la semaine, le jour que
Jésus est ressuscité des morts et le jour auquel l’église du premier
siècle se réunissait afin de célébrer le Repas appartenant au Seigneur. La
résurrection du Seigneur, le jour du Seigneur et le repas du Seigneur vont tous
ensemble.
De plus, la seule raison donnée dans le
Nouveau Testament comme but de la réunion régulière de l’église est de
célébrer le Repas du Seigneur. Dans Actes 20:7, Luc nous informe que
« Le premier jour de la semaine, les disciples étant assemblés pour rompre
le pain ». Les mots « rompre le pain » sont un syntagme verbal
télique à l’infinitif. Il dénote un but ou un objectif. Ils se
réunissaient pour manger!
1 Corinthiens 11:17-22
mentionne aussi dans quel but l’église s’assemble. Leurs
« réunions » (11:17) faisaient plus de mal que de bien car
lorsqu’ils « s’assemblaient dans l’Église » (11:18a),
ils avaient de grandes divisions. Paul a donc écrit « Lors donc que vous
vous assemblez dans un même lieu, ce n’est pas pour manger la Cène du
Seigneur » (11:20). Ici, il est évident que le principal but des réunions
de l’église était de manger le Repas du Seigneur. Malheureusement, leurs
abus du Repas étaient si graves que ce n’était plus le Repas du Seigneur,
mais officiellement ils se réunissaient chaque semaine pour célébrer le Repas.
Le dernier endroit où l’on fait
référence à la raison pour laquelle on s’assemble se trouve dans
1 Corinthiens 11:33, « quand vous vous assemblez pour manger,
attendez-vous les uns les autres ». Comme précédemment, on voit que la
raison du rassemblement est de « manger ». De peur que cela paraisse
exagéré, on doit se rappeler qu’aucune autre raison n’est jamais
donnée dans les Écritures pour expliquer le but des réunions hebdomadaires de
l’église.
La communion et l’encouragement
dont bénéficie chacun lors de ces rencontres sont formidables. C’est
l’équivalent chrétien du petit restaurant de quartier. C’est
vraiment un temps de célébration. Dieu se sert de ce temps afin de créer
l’unité au milieu d’un groupe de croyants. Cet aspect des réunions
de l’église ne devrait pas se faire à la hâte ou être remplacé. Il est
certainement approprié d’avoir un temps semblable à 1 Corinthiens 14
lors du rassemblement (un temps interactif d’enseignement,
d’actions de grâce, de chant, de témoignage, de prière, etc.) mais non
pas aux dépens du Repas du Seigneur hebdomadaire.
Considérations pratiques
De nos jours, pratiquer le Repas du
Seigneur sous la forme d’un repas complet peut s’avérer une grande
bénédiction pour l’église. Voici quelques considérations pratiques pour
le célébrer.
L’attitude. Assurez-vous que l’église comprenne bien que le
Repas du Seigneur est le but principal de la réunion hebdomadaire. Ce
n’est ni optionnel, ni d’importance secondaire par rapport à une
sorte de « culte ». Même si un certain dimanche l’église ne faisait
que célébrer le Repas du Seigneur, elle aurait accompli une des raisons principales
pour laquelle la réunion a lieu cette semaine-là.
La nourriture. Dans la mesure du possible, apportez un repas à
partager et mangez aussi de ce que les autres auront apporté. Cela rend
l’organisation du repas beaucoup plus facile. Ayez confiance en la
souveraineté de Dieu! Un repas trop organisé est moins amusant et devient un
fardeau. La seule chose qui devrait être planifiée est de désigner la personne
qui apporte le pain et le fruit de la vigne. (Dans notre église, la famille qui
reçoit pour la réunion pourvoit toujours pour ces choses.)
L’offrande. Puisque la célébration du repas est une pratique du
Nouveau Testament et quelque chose d’important pour le bon fonctionnement
d’une église, le temps et l’argent dépensé par chaque famille pour
la nourriture à apporter font réellement partie de leur offrande au Seigneur. Plutôt
que de simplement mettre de l’argent dans un panier chaque semaine, allez
à l’épicerie et achetez la meilleure nourriture que vous pouvez vous
permettre. Amenez-la au Repas comme une offrande sacrificielle!
Le nettoyage. Pour faciliter le nettoyage, vous pourriez utiliser
des assiettes de carton, des assiettes de table ainsi que des fourchettes et des
verres de plastiques. Bien souvent, les gens jettent négligemment les couverts
avec les autres déchets, alors il est préférable de jeter une fourchette de
plastique plutôt qu’une en métal! Pour aider à éviter les dégâts, la
famille hôte fournit des plateaux d’osiers pour les assiettes qui sont
réutilisables et ne nécessitent généralement pas d’être nettoyés.
La logistique. Lorsque la température est clémente, il peut être plus
approprié de manger à l’extérieur. Les dégâts causés par la nourriture et
les breuvages sont inévitables et le nettoyage est ainsi simplifié. On peut
placer une table pliante là où il le faut et la ranger après la réunion. En
saison plus froide, lorsqu’il faut manger à l’intérieur, pensez à
recouvrir les beaux meubles d’un plastique et d’une nappe. Puisque
ce sont les enfants qui font le plus de dégâts, réservez-leur les places
disponibles à une table et insistez qu’ils s’y assoient!
Une coupe et un pain. Quelques-uns sont d’avis que de prendre la coupe
et le vin avant le repas les sépare trop du repas et en fait un acte à part.
C’est comme si le Repas du Seigneur était la coupe et le pain et que tout
le reste n’était qu’un repas ordinaire. Pour éviter cette fausse
dichotomie, placez la coupe et le pain sur la table avec les autres aliments du
Repas du Seigneur. La coupe et le pain peuvent être mentionnés avant la réunion
ainsi que dans la prière précédant le repas, mais ensuite placés sur la table
du buffet avec tout le reste. De cette manière, les croyants peuvent se les
partager lorsqu’ils vont se servir.
Le pain devrait-il être sans levain et le fruit de
la vigne devrait-il être alcoolisé? Les
Juifs mangeaient du pain sans levain pour le repas de Pâque pour symboliser la
rapidité avec laquelle Dieu les a sortis d’Égypte. Jésus a pris du pain
sans levain lors du Dernier Repas. Par contre, il n’est pas dit dans le
Nouveau Testament que les églises des Gentils utilisaient du pain sans levain
pour le Repas du Seigneur.
Quoique parfois dans le Nouveau Testament le levain soit associé au mal
(1 Co 5 :6-8), il est aussi employé pour représenter le Royaume
de Dieu (Mt 13:33)! Comme on le voit, c’est une question de choix.
Pour le vin, il est clair qu’il a été utilisé dans
1 Corinthiens 11 pour le Repas du Seigneur puisque certains s’étaient
enivrés. Cependant, aucune raison théologique claire n’est jamais donnée
dans les Écritures concernant l’utilisation du vin (mais prenez note de Gn 27:28,
Es 25:6-9 et Rm 14:21). Comme avec le pain sans levain, il semble que
ce soit une question de choix pour chaque église.
Les non-croyants. Doit-on permettre aux non-croyants de prendre part au
Repas du Seigneur? Le Repas du Seigneur comme repas sacré, comme signe de
l’alliance, signifie quelque chose seulement pour les croyants. Pour les
non-croyants, c’est seulement de la nourriture pour le ventre. 1 Corinthiens 14:23-25
laisse entendre qu’occasionnellement, des non-croyants vont participer
aux réunions d’église. Les non-croyants ont faim tout comme les croyants,
alors invitez-les à manger aussi. Gagnez-les à Jésus par votre amour! Le danger
de prendre le Repas du Seigneur d’une façon indigne ne concerne que les
croyants (1 Co 11:27-32).
En ce qui concerne le pain et le vin, si un enfant
non-croyant désire en boire seulement parce que c’est du jus de raisin,
il n’y a pas de problème. Cependant,
si les parents en donnent intentionnellement à l’enfant non-croyant comme
un acte religieux, cela pourrait violer la signification du Repas du Seigneur.
Cela serait un peu comme le concept du baptême des enfants.
Un clergé ordonné. Certains croient que seul un ecclésiastique ordonné
peut administrer le Repas du Seigneur. Le Nouveau Testament n’impose
nullement ce critère.
Conclusion
Maintenant que la forme du Repas dans
le Nouveau Testament a été dûment expliquée, la question à laquelle les
croyants d’aujourd’hui font face est quelle est la volonté de Dieu
pour les églises modernes. Jésus désire-t-il que Son peuple célèbre le Repas du
Seigneur de la même façon qu’ils le faisaient dans le Nouveau Testament?
Ou cela lui importe-Il peu? Avons-nous la liberté de nous écarter de la forme
originale du Repas qui est un vrai banquet? Nous croyons que non. Pourquoi
voudrait-on se détourner de la façon dont Christ et ses apôtres ont pratiqué le
Repas du Seigneur? Manifestement, les apôtres se réjouissaient de ce que les
églises conservent leurs traditions (1 Co 11:2) et leur ont même
commandé de le faire (2 Th 2:15). Nous n’avons pas
l’autorisation de nous en détourner.
Il y a consensus dans les cercles
intellectuels de toutes les dénominations concernant le fait que l’église
du premier siècle célébrait le Repas du Seigneur comme un repas complet. Cette
controverse reparaît avec l’appel à retourner à l’exemple du
Nouveau Testament. L’église historique a sur certains points et pour quelque
temps dévié du modèle du Nouveau Testament. Par exemple, pendant plus
d’un millénaire, le baptême du croyant par immersion a été
essentiellement négligé à l’intérieur du Christianisme. Mais depuis la
Réforme, cette tradition apostolique trop longtemps négligée a été remise sur
pied et est maintenant pratique commune. De la même façon, les églises
charismatiques et pentecôtistes diraient que plusieurs dons de l’Esprit
ont été négligés pendant près de deux mille ans jusqu’au Asuza Street
Revival (Réveil d’Asuza Street). Nous pensons que l’église passe à
côté d’une grande bénédiction en négligeant de pratiquer le Repas du
Seigneur à la manière de l’église du premier siècle.
Pour résumer, le Repas du Seigneur est
le but principal de la réunion de l’église chaque Jour du Seigneur.
Célébré sous la forme d’un vrai repas, le Repas représente le repas de noces
de l’Agneau anticipé. Il doit être partagé comme un festin, dans une ambiance
de noce et de joie plutôt que dans une ambiance funeste et solennelle. Un des
bienfaits majeurs du Repas est la communion et l’encouragement
qu’en retire chacun. Dans le contexte d’un repas complet, il doit y
avoir qu’une seule coupe et qu’un seul pain que tous se partagent.
Un seul pain entier est utilisé non seulement pour symboliser l’unité du
groupe de croyants, mais aussi parce que Dieu veut l’utiliser afin de
créer l’unité chez un groupe de croyants. Ils sont les symboles du corps
et du sang de Jésus et servent à rappeler à Jésus Sa promesse de revenir et de
manger encore avec Son église. Amen. Reviens bientôt, Seigneur Jésus!
— Steve Atkerson
Notes
1 Fritz Reinecker
& Cleon Rogers, Linguistic Key to the Greek
New Testament (Grand Rapids, MI: Zondervan, 1980), 207.
2 Jaroslav
Jan Pelikan, “Eucharist,” Encyclopaedia
Britannica, ed. Warren Preece
(Chicago: William Benton, Publisher,
1973), 807-808.
3 R. P. Martin, “The
Lord’s Supper,” The New Bible Dictionary, ed. J. D. Douglas
(Wheaton, IL: Tyndale
House Publishers, 1982), 709.
4
5 1599
6 C. K. Barrett, Black’s
New Testament Commentary, The Fist Epistle to The
Corinthians (Peabody, MA:
Hendrickson Publishers, 1968), 263 & 277.
7 Donald Guthrie, New
Testament Theology (Downers Grove, IL:
Inter-Varsity Press, 1981), 758.
8 Gordon Fee, New
International Commentary on the New Testament, The First Epistle to The
Corinthians ( Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans
Publishing Co., 1987), 532, 555.
9 G. W. Grogan,
“Love Feast,” The New Bible Dictionary, ed. J. D. Douglas
(Wheaton, IL: Tyndale
House Publishers, 1982), 712.
10 Barrett, 276.
11 Williston Walker, A History
of The Christian Church, 3rd Ed. (New York,
NY: Charles Scribner’s Sons,
1970), 38.
12 John Gooch, Christian
History & Biography, Issue 37 (
13 Pelikan, 808.
14 Colin Brown, New
International Dictionary of New Testament Theology, Vol. III (Grand Rapids,
MI: Zondervan,
1981) 244.
15 Joachim Jeremias,
The Eucharistic Words of Jesus (New York, NY: Charles Scribner’s Sons, 1966),
252-254.
16 Reinecker, 34.
17 Barrett, 397.
18 Martin, 709.
19 Pelikan, 807.
20 F. F. Bruce, Acts of The Apostles (Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans
Publishing Co., 1981) 79.
21 Pelikan, 807.
Questions à
discuter
1. Quels sont
quelques exemples de l’Ancien Testament où Dieu se rappelle de Ses
promesses d’alliance? Comment cela influence-t-il notre compréhension de
l’aspect de « souvenir » du Repas du Seigneur (Lc 22:19)?
2. Dans la
Bible, qu’est-ce qui démontre que les Juifs du premier siècle imaginaient
le ciel comme un temps de festivité en présence du Messie?
3. Jésus a dit
que le Repas du Seigneur sera accompli dans le royaume de Dieu (Lc 22:16).
Comment et quand cet accomplissement pourrait-il se faire?
4. Le dernier
repas s’est déroulé lors du festin de la Pâque. Les douze apôtres
auraient-ils pu en déduire que les prochains Repas du Seigneur ne seraient pas aussi
des festins? Expliquez.
5. Quel est le
consensus des spécialistes au sujet de la façon que l’église du premier
siècle célébrait le Repas du Seigneur? Pourquoi ce consensus est-il important?
6. Si
Actes 2:42-47 fait référence au Repas du Seigneur, comment décririez-vous
l’ambiance de ces repas? Pourquoi?
7. Quelle est
la seule raison donnée dans le Nouveau Testament pour laquelle l’église
du premier siècle se réunissait chaque Jour du Seigneur?
8. Quelle
raison théologique Paul a-t-il donnée pour qu’on prenne un seul pain lors
du Repas du Seigneur?
9. Dans
1 Corinthiens 11:17-22, qu’est-ce qui nous indique que le Repas
du Seigneur était célébré sous la forme d’un repas complet?
10. Quelle a
été la solution biblique proposée pour corriger l’abus du Repas du
Seigneur des Corinthiens?
11. Pourquoi
le mot « jusqu’à » de 1 Corinthiens 11:26 indique-t-il
non seulement une durée, mais aussi un but?
12. Quelle
« manière indigne » a rendu certains Corinthiens coupables de pécher
contre le corps et le sang du Seigneur (1 Co 11:27)? De quelle façon
cela nous interpelle-t-il aujourd’hui?
13. Qu’est-ce
qui nous démontre à quelle fréquence l’église du premier siècle célébrait
le Repas du Seigneur?
14. Quelle
était la forme d’origine du Repas du Seigneur (des éléments symboliques ou
un repas complet)? Expliquez.
15. À
l’origine, le Repas du Seigneur était-il axé sur un retour en arrière ou
une anticipation? Pourquoi?
16. Quelles
étaient les fonctions d’origine du Repas du Seigneur?
17. Puisque Jésus a dit qu’Il ne le mangerait pas jusqu’à
sa consommation à venir, l’église devrait-elle aussi attendre le retour
de Jésus pour le manger à nouveau? Pourquoi?
18. Comment le
Repas du Seigneur peut-il être célébré dans une ambiance de banquet de noce alors
qu’une menace de mort plane (1 Co 11) et que 1 Corinthiens 10
parle de manger avec les démons (plus effrayant encore!)?
19. À
l’origine, quelles étaient la fréquence, la forme, la visée (le passé ou
l’avenir) et les fonctions du Repas du Seigneur?
20. Comment
la coupe et le vin peuvent-ils être intégrés au repas sans être considérés
comme des éléments séparés du reste du festin?
21. Quelle influence
la pratique de l’église du premier siècle devrait-elle avoir sur la façon
que l’église contemporaine célèbre le Repas du Seigneur?
22. Quelles
bénédictions l’église manque-t-elle en ne célébrant pas le Repas du
Seigneur comme un vrai repas saint et complet?
Remarque :
La NTRF offre aussi des ressources
pour l’enseignant afin de l’aider à diriger une discussion au sujet
de la vie d’église du Nouveau Testament. Demandez The
Practice of The