Église-Maison
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dix raisons de faire
l’église-maison |
L’évangéliste
anglican David Watson a fait remarquer que « Pendant les deux premiers
siècles, l’église s’est assemblée en petits groupes dans les maisons de ses
membres, en plus des rassemblements spéciaux dans les grands lieux publics ou
dans les marchés, où les gens pouvaient s’assembler en plus grand nombre. Ces
deux siècles représentent l’avancée la plus puissante et la plus marquée de
l’église qui n’a peut-être jamais été égalée par la suite. L’absence de
bâtiments d’église n’était pas un obstacle à l’expansion rapide de l’église; en
comparaison avec la situation en 200 apr. J.-C., cela semble plutôt avoir eu un
effet positif. »1
Il est
évident dans le Nouveau Testament que l’église du premier siècle s’assemblait
généralement dans les maisons (Ac 2:46, Rm 16:3, 5,
1 Co 16:19, Col 4:15, Phm 12). Il y a eu une expansion
massive de l’église universelle lorsqu’ils s’assemblaient régulièrement et
localement en petites communautés. Le Saint-Esprit oeuvrait de façon incroyable
dans ces petites communautés de l’église du premier siècle et aussi par elles.
Ces petites communautés étaient comme de la dynamite dans leur localité. Chaque
membre semblait actif dans le corps de Christ lorsqu’ils se réunissaient dans
leurs maisons privées. Le Royaume de Dieu s’est répandu puissamment à l’aide de
tout le peuple de Dieu.
Devrions-nous nous réunir dans
des maisons simplement parce que l’église du premier siècle faisait ainsi?
Est-ce mal de se réunir dans un bâtiment? Certainement pas! L’église du premier
siècle n’avait pas de véhicules pour se déplacer rapidement, de séminaires avec
système de sonorisation, de guitares, de téléphones, d’ordinateurs, etc. Cela
veut-il dire qu’on ne devrait pas les utiliser? On ne se réunit pas dans des
maisons dans une perspective simpliste, simplement parce l’église du premier siècle
a fait cela. Il y a plusieurs bonnes raisons de comprendre pourquoi se réunir
dans des maisons est un bon choix qui nous aide particulièrement à fonctionner
de façon biblique. Nous parlerons des dix raisons pour lesquelles se réunir
dans les maisons est une stratégie efficace pour avoir une église en santé.
Un ministère visant « les
uns les autres »
Il y a
quelque temps, j’ai reçu un article au sujet de la croissance de l’église
intitulé « Transformer les visiteurs en membres ». Je me suis demandé
à quel endroit dans
Robert
Banks a écrit « Le but de l’église est la croissance et l’édification de
ses membres en Christ et dans une vie de communion à l’aide des ministères
donnés pour le service des autres (1 Co 14:12, 19, 26) ».2 Aujourd’hui, le contraste avec les réunions d’église du
Nouveau Testament est frappant et il est regrettable qu’on néglige presque
totalement l’importance que chaque membre participe dans le corps de Christ. La
théologie de la sacrificature de tous les croyants semble n’exister qu’en
théorie. L’église a reculé et est retournée au vieux judaïsme et à la façade
catholique romaine qui engendre la passivité qui prévaut actuellement. Il est
triste que les bâtiments d’église d’aujourd’hui ressemblent à des temples où
les pasteurs dirigent comme des prêtres; le modèle d’église du Nouveau
Testament a été mis de côté pour le système du temple de l’Ancien Testament.
David Watson fait remarquer avec raison : « Depuis que les symboles
de l’Ancien Testament ont été accomplis en Christ et dans Son église, l’église
a été constamment tentée de retourner aux institutions que Christ a accomplies
et abolies; et elle a largement succombé à ces tentations. »3
Il y a
aujourd’hui un grand besoin d’une réforme de l’église qui restaurera
l’importance et la sacrificature de chaque membre du corps de Christ. On dit
que l’église du premier siècle était basée sur la communion des uns et des
autres et non sur le service d’un homme au-dessus des autres. Puisqu’il manque
la contribution du ministère de chaque membre, l’église est non seulement dans
un état passif, mais plusieurs responsables souffrent de stress et d’épuisement.
L’église est censée être une équipe, non un auditoire, où tous participent
ensemble à sa croissance. Les responsables ne sont pas appelés à faire figure
de « grandes vedettes de ministère » mais à encourager chaque membre
à participer (Ep 4:11-12). Y a-t-il un homme qui a une fonction
prédominante dans l’église du premier siècle? Y a-t-il un équilibre entre
l’enseignement et la participation de chaque membre dans les réunions d’église
typiques d’aujourd’hui?
De
quelle façon les responsables de l’église encouragent-ils chaque membre à
participer activement dans le corps de Christ et à témoigner efficacement aux
gens? Offre-t-on la possibilité et l’encouragement à chaque membre de
participer pendant le rassemblement de l’église? William Barclay écrit au sujet
des réunions de l’église du premier siècle : « Un élément particulier
du service de l’église du premier siècle est que chacun devait avoir le
sentiment d’avoir à la fois la possibilité et l’obligation d’y
contribuer. »4 Il semble que nous ne
reconnaissions plus la réalité bénie que chaque membre dans le corps de Christ
peut être un instrument du Saint-Esprit précieux et puissant. Dans l’église du
premier siècle, le ministère appartenait à tout le peuple de Dieu.
Dans
son livre très stimulant Rich Christians in an Age of Hunger (Des
chrétiens riches à une époque de famine), Ronald J. Sider a fait cette remarque
intéressante. Il a dit « L’église du premier siècle a été capable de tenir
tête aux valeurs de décadence de la civilisation romaine et c’est précisément
parce qu’elle expérimentait la réalité de la communion chrétienne de manière
puissante […] La communion chrétienne signifiait d’être disponible sans
condition pour les frères et sœurs et d’être responsable les uns des autres au
plus haut degré — émotionnellement, financièrement et spirituellement. Quand un
membre souffrait, tous souffraient. Quand l’un d’eux se réjouissait, tous se
réjouissaient (1 Co 12:26). Quand une personne ou une église avait
des problèmes financiers, les autres partageaient sans réserve. Et quand un
frère ou une sœur péchait, les autres reprenaient avec douceur cette personne
rebelle (Mt 18:15-17; 1 Co 5; 2 Co 2:5-11;
Ga 6:1-3). Les frères et sœurs étaient disponibles les uns pour les
autres, ils étaient responsables les uns des autres et rendaient compte les uns
aux autres. Bien sûr, l’église du premier siècle n’a pas toujours totalement
mise en pratique la vision du Nouveau Testament du corps de Christ. Il y a eu
de tragiques manquements. Mais le réseau de petites églises-maison réparties
dans l’Empire romain a connu son unité en Christ avec une telle intensité
qu’ils ont été capables de tenir tête et par la suite conquérir une
civilisation païenne puissante. Cependant, une trop grande majorité des églises
d’aujourd’hui ne donnent pas la possibilité aux frères et sœurs de
s’encourager, de se reprendre et d’exercer la discipline les uns envers les
autres. Nous avons désespérément besoin d’une forme et d’une structure
nouvelles afin de veiller les uns sur les autres dans l’amour. »5
Nous
devons comprendre que la structure et les systèmes existent pour une raison;
ils ne sont pas la fin en soi. Il est grandement nécessaire que nous ayons des
structures et des systèmes qui contribueront au bon fonctionnement de l’église.
S’assembler dans les maisons facilite beaucoup plus la participation,
l’interaction, la discussion et le ministère des uns envers les autres. C’est
aussi dans un tel cadre que l’enseignement peut être donné sous la forme d’un
dialogue plutôt qu’un monologue; il est ainsi plus percutant et efficace.
Pour
fonctionner aussi efficacement que l’église du premier siècle fonctionnait, la
structure, la taille et le système sont très importants. La structure devrait
être informelle, la taille de la communauté se doit d’être petite et le système
ou l’ordre doit être flexible. Puisque la participation et le ministère de
chaque membre étaient grandement estimés et encouragés dans l’église du premier
siècle, la maison est un bon endroit où chacun peut confortablement contribuer
et participer à l’édification de tout le corps de Christ.
L’intimité et la
responsabilité
Il est
nécessaire d’entretenir une ambiance familiale dans les réunions d’église
plutôt qu’une ambiance sobre et formelle. L’église n’est pas un service
religieux mais une famille. Les croyants voient-ils l’église comme une famille,
ont-ils le sentiment d’appartenir à cette famille? Règne-t-il une ambiance
familiale lorsque nous nous assemblons en tant qu’église? Réalisons-nous
l’importance de mettre l’accent sur les relations interpersonnelles et la
communion parmi nous? Il semble que nous ayons seulement de bons services sans
communion sincère. En pratique, comment pouvons-nous encourager une telle
communion intime lorsque l’église s’assemble? Dans un chapitre intitulé Small is Beautiful (La beauté de la
petitesse), l’auteur prolifique Robert Banks a écrit « L’église-maison
nous permet de connaître, d’aimer et de servir un groupe de gens de taille raisonnable
qui viendra à la longue lui aussi à nous connaître, nous aimer et nous servir.
Dans un tel groupe, on peut graduellement mettre de côté les masques que nous
portons en public et commencer à partager nos faiblesses, nos doutes, nos
craintes ainsi que nos forces, nos certitudes et nos habiletés. On parvient
ainsi à renverser la situation ironique où l’on est moins ouvert et honnête à
l’église qu’on l’est ailleurs. Dans les petits groupes d’église-maison, nous
apprenons à donner et à recevoir, à enseigner et à comprendre, à porter les
fardeaux des autres et à se faire aider avec les nôtres, à aimer et à être
aimé. Dans un tel groupe, on peut devenir plus semblable à Christ et aider les
autres à devenir aussi plus semblable à Christ. De cette manière, on développe
ensemble une conduite, un caractère et une attitude semblables à Christ. Nous
nous attachons à Christ plus intimement et plus fermement. »6
Dans une
petite communauté, l’intimité et la responsabilité sont possibles et réalistes.
Le degré de spiritualité d’une personne devient évident dans les petites
communautés, ce qui laisse plus de place à l’encouragement mutuel afin que
personne ne s’endurcisse par la séduction du péché (He 3:13). Nous pouvons
interagir dans l’intimité, nous connaître les uns les autres, partager les uns
les autres, nous exhorter et nous stimuler les uns les autres à l’amour et aux
bonnes œuvres (He 10:24-25). Gerald Oliver presse l’église :
« Il est temps que tous s’impliquent dans des petits groupes unis par
amour qui prient, étudient
Le Repas du Seigneur
Michael
Green a souligné que « la communion (c’est-à-dire le Repas du Seigneur) à
cette époque était bien plus un repas que ce ne l’est aujourd’hui, ce qui
favorisait une communion et une adoration plus informelles. Le repas s’appelait
une agape, un repas d’amour, et on
l’a plus tard abandonné car on en a fait des abus. »9 Cependant, Paul n’a pas fait cesser le repas en raison des
abus de l’église de Corinthe. Il les a plutôt instruits de la manière
appropriée de participer au Repas du Seigneur.10 Le Repas du
Seigneur est une pratique importante de l’église assemblée car elle dirige
notre attention sur la relation verticale (le rappel de la mort et de la venue
du Seigneur) et sur la relation horizontale (la communion des croyants en tant
que famille).
Plus tôt
dans ce livre, on a fait remarquer que l’église du premier siècle s’assemblait
comme une famille, célébrant le Repas du Seigneur dans un contexte de communion
et de repas commun, se rappelant la mort du Seigneur, rappelant au Seigneur Sa
venue et se réjouissant de se réunir en tant que corps et famille. Au sujet du
Repas du Seigneur, J.I. Packer and Merrill C. Tenney ont écrit dans Illustrated
Manners and Customs of the Bible (Les coutumes et les pratiques de
L’église en toute simplicité
S’assembler comme église dans une maison est aussi simple que ça en a
l’air. On n’a pas besoin de beaucoup d’argent pour implanter ce type d’église.
Comme l’église du premier siècle, une simple maison suffit pour la communion de
l’église. Aujourd’hui, l’argent est devenu un facteur déterminant pour
plusieurs ministères. C’est devenu une préoccupation, un sujet de conversation
et une source de conflit importants. Sans de grosses sommes d’argent, il semble
qu’il soit devenu impossible de faire l’œuvre du Seigneur. Cependant, lorsque
nous examinons l’église du premier siècle, l’argent n’était pas la
préoccupation première. Les premiers disciples ont implanté des églises dans
des maisons, ils avaient des rassemblements dans les maisons en toute
simplicité et se multipliaient en d’autres maisons quand le nombre de gens
s’accroissait.
Dans des
pays comme l’Inde (où je vis), acheter un terrain et construire un bâtiment
n’est pas chose facile. Ici, la plupart des bâtiments d’église sont construits
à l’aide de sommes d’argent en provenance de l’étranger. Les non-croyants
accusent souvent les ouvriers chrétiens que le ministère chrétien et la
conversion sont faits grâce à des investissements étrangers et en vue d’obtenir
d’autres investissements. Ces ministères qui dépendent de fonds étrangers sont
en danger. Les premières églises étaient généralement des communautés
indigènes, mais même lorsqu’il y avait un besoin ils se secouraient et
s’entraidaient les uns les autres. Bénie est la nation où la plupart des
églises et des ministères sont enracinés dans le concept de l’autosuffisance,
de l’autopropagation et de la gouvernance locale.
Pour le
ministère d’implantation d’église, il est grandement difficile de planter
plusieurs nouvelles églises si on suit le modèle actuel très couteux qui exige
de grosses sommes d’argent pour un bâtiment (qu’on utilise que de temps à
autre), son entretien et les salaires. Plusieurs croient qu’il n’y a pas
d’église sans bâtiment sacré. Il est regrettable de voir à quel point le point
de vue du Nouveau Testament pour l’église et le temple est tordu par
l’idolâtrie d’un bâtiment comme un endroit sacré pour Dieu et la reprise du
rideau du temple de l’Ancien Testament qui a été déchiré grâce à l’œuvre
accomplie par Christ à la croix (Mt 27:51). Arthur Wallis a dit
« Dans l’Ancien Testament, Dieu avait un sanctuaire pour Son peuple; dans
le Nouveau, Dieu a pour sanctuaire son peuple. »12 Par Christ Jésus, nous sommes nous-mêmes le temple de Dieu et l’église de Dieu (1 Co 3:16,
Ac 20:28). Prenons en considération les paroles profondes de John
Havlik : « L’église n’est jamais un endroit, mais toujours des gens;
jamais un enclos, mais toujours un troupeau; jamais un bâtiment sacré, mais
toujours une assemblée de croyants. L’église, c’est toi qui pries, et non où tu
pries. Une structure de brique ou de marbre ne peut pas être l’église tout comme
les vêtements de serge ou de satin ne peuvent être toi. Il n’y a dans ce monde
rien de sacré sinon l’homme, aucun sanctuaire de l’homme sinon l’âme.»13
Par
conséquent, bien qu’il n’y ait rien de mal à avoir un bâtiment spécial, ce
n’est pas un critère pour l’assemblée de l’église puisque nous pouvons
simplement nous assembler dans des maisons comme l’église du premier siècle.
J’ai vu comment les ouvriers chrétiens vont de lieu en lieu pour demander de
l’argent pour la construction de bâtiments d’église. Certains demandent même à
des non-croyants de faire ce travail. Le nom du Seigneur a subi un grand
déshonneur car des prédicateurs ont beaucoup insisté afin qu’on donne de
l’argent pour leur ministère. Nous n’accomplirons pas grand-chose pour le Seigneur
de cette manière.
Donald
McGavran, considéré comme un expert sur la croissance de l’église, a affirmé
avec justesse : « Trouver un endroit où s’assembler ne devrait pas
représenter un fardeau financier pour une petite congrégation. L’église-maison
satisfait tout à fait ces critères. On devrait toujours considérer le modèle
d’église-maison, que ce soit pour implanter une église ou pour sa croissance à
venir. »14 Pour planter des églises
partout, pour que les villes et les villages soient remplis d’églises, nous
avons besoin d’une stratégie simple. S’assembler comme église dans des maisons
est une méthode simple et efficace.
Des responsables à deux
vocations
Par le
modèle de l’église du premier siècle, nous apprenons que les bergers ou les
évêques de l’église étaient tirés de leur propre communauté (Ac 14:23,
2 Tm 2:2, Tite 1:5). Ils venaient du groupe et avaient œuvré
sous la responsabilité de plusieurs responsables dans chaque église.15
Il y avait deux sortes de responsables dans l’église
du premier siècle : les responsables locaux, et les responsables
itinérants.16 De nos jours, le ministère est réduit à un travail à
temps plein sans emploi séculier. Cependant, lorsqu’on étudie l’église du Nouveau
Testament, les responsables locaux étaient généralement des ouvriers ayant deux
vocations et les responsables itinérants étaient soutenus financièrement.
Étant
les responsables locaux, les pasteurs étaient généralement des ouvriers à deux
vocations. Paul, bien qu’il était un ouvrier itinérant, s’est donné lui-même en
exemple aux autres en travaillant de ses propres mains (Ac 20:17, 33-35;
1 Th 4:11-12, 2 Th 3:6-12). Bien sûr, il y a des exceptions
où certains sont dignes de recevoir l’hospitalité et des offrandes volontaires
en raison de leur travail de prédication et d’enseignement
(1 Tm 5:17). Si on regarde la situation d’aujourd’hui, est-ce que de
donner un sermon pour une heure (ou plus) une fois par semaine le dimanche et à
d’autres occasions spéciales ce qu’on appelle œuvrer à la prédication et
l’enseignement? Robert Baker, dans A Summary of Christian History (Un
résumé de l’histoire chrétienne), a remarqué « Ces responsables
travaillaient habituellement pour gagner leur vie et n’étaient pas soutenus par
l’église. Aucune distinction artificielle n’était faite entre le clergé et les
laïcs. »17 La International
Standard Bible Encyclopedia affirme que « Le ministère de l’église du
premier siècle ne recevait aucune rémunération. Le ministère était composé
d’hommes ayant une charge, à qui on devait une obéissance ecclésiastique en
raison de leur appel et de leur élection, et parce qu’ils étaient mis à part
pour cette charge sacrée par la prière et peut-être aussi par l’imposition des
mains; mais ils étaient aussi des marchands et des artisans ayant des vocations
séculières pour pourvoir à leurs besoins […] Si ces responsables recevaient du
soutien, c’était seulement en raison de leur pauvreté et parce qu’ils faisaient
parties de la liste des veuves, des orphelins et des démunis. L’introduction de
la rémunération du ministre et le fait implicite qu’un ministre payé se doit de
donner tout son temps au service de l’église ont accentué la distinction entre
le clergé et les laïcs. Lorsqu’on étudie la question, il est évident que le
fait que le clergé soit payé complique la situation; car les rôles les plus
anciens font état des personnes ayant droit aux fonds de l’église, ce qui
voudrait dire que les veuves et les orphelins étaient ordonnés ou faisaient partie
du clergé. »18
Il n’est donc pas nécessaire que les anciens locaux abandonnent leurs
emplois séculiers et qu’ils s’adonnent exclusivement aux affaires de l’église.
Cependant, ils sont libres de s’adonner exclusivement au ministère de l’église
s’ils sont sincèrement et personnellement guidés par Dieu pour un ministère
dépassant les limites de l’église locale. Il est désolant de voir plusieurs
ouvriers chrétiens qui souffrent inutilement sur le plan financier en raison de
leur point de vue non biblique du ministère de l’église. Un « appel au
ministère » est automatiquement compris comme un renoncement au travail
séculier. Avons-nous quelque fondement biblique qui soutienne cette croyance
bien enracinée? Alex Rattray Hay a remarqué que Paul « a fortement
conseillé aux anciens d’Éphèse de subvenir à leurs besoins (Ac 20:32-35),
et que, par la suite, c’est devenu la pratique usuelle. »19
Bien sûr, certains anciens seront soutenus entièrement par l’église, mais ils
sont l’exception et non la règle.
De plus, l’implantation d’églises et la
multiplication de l’église deviennent difficiles si tous les pasteurs locaux
s’attendent à dépendre entièrement de l’église pour leurs besoins.
Généralement, ils doivent plutôt avoir un emploi séculier et diriger une petite
communauté de croyants. L’argent n’est pas un problème majeur dans une simple
petite communauté dans une maison, puisque les pasteurs peuvent facilement
pourvoir à leurs besoins et à la fois diriger l’église. C’est une merveilleuse
opportunité pour les pasteurs et les croyants de soutenir les missionnaires
itinérants et les évangélistes à l’œuvre, ainsi que les pauvres et les démunis.
Nous croyons donc que l’église-maison est une approche sage où les pasteurs
peuvent être des ouvriers à deux vocations qui guident efficacement de petites
communautés.
La facilité d’accès pour les
non-croyants
On m’a
déjà demandé « Les gens considèrent que la mosquée est l’endroit sacré des
musulmans et le temple l’endroit sacré des Indus. Ne pensez-vous pas qu’il soit
important que les chrétiens aient un endroit sacré? » Le christianisme est
unique parce que l’église elle-même, tout le peuple de Dieu, est le temple de
Dieu et chaque membre est un sacrificateur de Dieu (1 Co 3:16,
1 P 2:5, 9). En essayant de nous distinguer des autres religions
païennes, nous devons être prudents de ne pas perdre notre singularité. Nous ne
devrions pas compromettre les perspectives bibliques en voulant contextualiser
le message. Frank Senn fait bien remarquer que « les chrétiens des
premiers siècles n’avaient pas les moyens publicitaires des cultes païens. Ils
n’avaient pas de lieux de pèlerinage, de temples, de statues ou de sacrifices.
Ils ne tenaient aucun festival public, danse, représentation musicale ou bien
pèlerinage […] En fait, les chrétiens des trois premiers siècles se
réunissaient généralement dans des maisons privées qui avaient été aménagées
pour les réunions de la communauté chrétienne. Cela démontre que le culte des
premiers chrétiens dénué de ritualisme ne devrait pas être considéré comme un
signe de primitivisme, mais plutôt un moyen de mettre en valeur le caractère
spirituel du culte chrétien. »20
Chaque
bâtiment religieux est considéré comme un endroit sacré pour son groupe
religieux et les non-croyants qui appartiennent à un différent groupe religieux
se sentent très inconfortables dans un tel endroit. Un de mes amis, un pasteur,
m’a une fois partagé : « J’ai développé une amitié avec plusieurs
non-croyants et ils sont très à l’aise de venir chez moi. Mais si je leur dis
de venir à un bâtiment spécial, que les gens considèrent être un sanctuaire,
ils sont très mal à l’aise de venir. La maison est un bon endroit où les
inviter à se joindre à une réunion. » Une maison est un endroit si
informel que même les non-croyants se sentent à l’aise d’y venir, voyant
comment nous vivons en tant que communauté et que nous nous aimons les uns les
autres. N’est-ce pas cet amour qui nous identifie comme disciples de Christ
pour le monde, nous donnant ainsi l’opportunité de leur témoigner
(Jn 13:35)?
Donald
McGavran a déjà dit « La congrégation devrait se réunir dans les endroits
les plus familiers où les non-chrétiens peuvent venir sans gêne et où les
convertis dirigent le service. »21 Nous
ne pouvons nous attendre à ce que des non-croyants viennent à un bâtiment
religieux, bien que parfois ils y vont. L’église
du premier siècle s’assemblait dans des maisons et il y avait des occasions où
des non-croyants assistaient à la réunion (1 Co 14:23-24). Les
maisons servaient à l’hospitalité et aussi à la réunion de l’église. Michael
Green a mentionné : « L’une des méthodes les plus importantes pour
répandre l’Évangile […] c’était d’utiliser les maisons. »22
L’église-maison favorise une ambiance informelle et amicale où les non-croyants
se sentent à l’aise dans l’assemblée de l’église et expérimentent l’amour et la
communion de Christ Jésus par Ses enfants.
La persécution
Un jour,
j’ai lu dans le journal qu’une église avait été incendiée. Cela ne m’a pas
affecté car l’église, le peuple de Dieu, n’a rien subi. C’est le bâtiment où
l’église se réunit qui a été incendié. Plusieurs chrétiens et non-croyants
croient que le bâtiment est l’église tandis qu’en vérité, c’est le peuple
racheté de Christ qui est l’église et le sanctuaire de Dieu. Dans les temps de
persécution, les bâtiments d’église, qui sont considérés comme les endroits
sacrés des chrétiens, sont souvent les premiers à être pris d’assaut. Il n’est
pas prudent pour le peuple de Dieu de se réunir dans un tel endroit lorsque la
situation est critique.
La
réunion de l’église dans une maison est préférable dans les temps de
persécution. Cela ne garantit pas qu’il n’y aura pas de persécution. L’église
du premier siècle a souffert de la persécution malgré les réunions maison; il
reste qu’il est plus sécuritaire de se réunir dans des maisons pendant les
temps de persécution que de se réunir dans des bâtiments prétendument sacrés.
Dans plusieurs régions du monde et particulièrement dans les pays du tiers-monde,
les croyants se réunissent pour la communion sous la forme d’un réseau
d’églises-maison clandestines — de petites communautés qui se rassemblent
secrètement dans les salons des croyants.23
De plus,
il est intéressant de remarquer qu’en période de persécution, que ce soit dans
le cas de l’église du premier siècle ou de l’église moderne, les églises-maison
se multiplient rapidement. Dieu utilise souvent la persécution pour nous faire
fléchir le genou et nous faire avancer. Dans les temps difficiles, c’est
souvent là que l’église avance; elle prie et elle grandit. Les églises-maison
jouent habituellement un rôle vital lorsque les circonstances sont difficiles.
Les églises de Chine et aussi de quelques régions de l’Inde grandissent
rapidement sous la forme d’un réseau d’églises-maison. Un journaliste a écrit
au sujet du mouvement d’église-maison en Chine qu’ « il est difficile
d’estimer exactement le nombre de chrétiens qui adorent et servent dans ces
églises-maison. À l’an 2000, un rapport non vérifié affirme qu’il y aurait
environ 80 millions de croyants dans le mouvement d’église-maison. Il est
évident que l’église-maison a été le véhicule principal du christianisme
protestant en Chine. »24
La
persécution semble se répandre rapidement dans plusieurs pays. Les adversaires
tentent d’arrêter l’œuvre chrétienne partout où elle fait des progrès. Il est
important de faire l’œuvre du Seigneur sagement dans de telles situations. On a
besoin de beaucoup de prière, d’encouragement et de diligence. La communion de
l’église est vraiment essentielle pour s’encourager les uns les autres à
demeurer fermes dans le Seigneur. Nous croyons donc que de s’assembler en tant
qu’église dans les maisons est un modèle efficace à suivre dans les temps de
persécution.
La croissance et la
multiplication des églises
Je
parlais à un homme membre d’une vieille église qui se réunissait à cet endroit
depuis plus de cent ans. Je lui ai demandé poliment « Combien d’églises
avez-vous implantées? ». Il a dit « Environ deux je crois. » Et
cela, en raison du budget considérable requis pour implanter et construire des
églises. Ce n’est pas de cette façon que le Royaume de Dieu se répand
rapidement. L’église doit se répandre dans la société. C’est l’église qui est
invitée à « aller », et non les autres qui sont invités à
« venir ». Pour que l’église se répande dans chaque région du monde,
elle doit absolument être bien nourrie et se multiplier.
Comme il
a été dit au premier homme et à la première femme « Croissez et
multipliez » (Gn 1:28), de même il est commandé à l’église de se
multiplier et de faire de toutes les nations des disciples (Mt 28:19-20).
Quelle est la façon la plus efficace et laquelle a le plus grand potentiel de
favoriser la multiplication de l’église? Combien de membres de l’église vivent
une vie sans fruit en raison d’une croissance insuffisante et d’un manque de
motivation? S’assembler dans les maisons offre un grand potentiel de croissance
et de multiplication spirituelles. Si le groupe grandit au-delà de ce qui est
une taille normale pour une maison, l’église devra inévitablement se multiplier
et se répandre à d’autres endroits. De cette façon, les églises peuvent
facilement et rapidement se multiplier dans la ville ou le village.
Howard A.
Synder a observé l’efficacité des églises qui se multiplient et a affirmé que
« Ce n’est pas seulement la croissance en nombre mais la multiplication
des églises locales qui prouve la croissance et la santé d’une église. L’idéal
biblique est ni de produire une foule de nouveaux croyants qui vivent
indépendamment et séparément les uns des autres, ni d’agrandir les églises
locales jusqu’à ce que leur nombre se gonfle à des milliers de membres. Le
modèle biblique est de former de nouveaux convertis dans les congrégations
locales et de multiplier le nombre des congrégations au fur et à mesure que
s’ajoutent de nouveaux convertis. Le ministère de Paul et ceux d'autres
évangélistes du Nouveau Testament étaient des ministères de multiplication d’églises.
Dans plusieurs villes, le nombre des convertis a rapidement atteint les
milliers; et pourtant, aucun bâtiment d’église n’a été construit pendant près
de deux cents ans. Une telle croissance en de telles conditions peut seulement
s’expliquer par la multiplication de petites congrégations. »25
Implanter
des églises partout peut se faire efficacement avec un tel modèle, si nous
travaillons avec diligence et avec la sagesse et la puissance du
Saint-Esprit. L’église qui grandit à un
seul endroit est une chose dont on peut se vanter, mais elle manque
habituellement d’une communion de qualité, de croissance spirituelle et de
motivation à se répandre. Je connais plusieurs membres qui appartiennent à une
église grande « en nombre » mais qui n’ont aucune relation
personnelle stimulante avec les surveillants et les autres. Est-ce que
d’assister à un service du dimanche pendant deux heures fait de quelqu’un un
membre du corps de Christ? Sommes-nous membres de l’église que de nom? Est-ce
pour ce genre d’église que Jésus est mort? Qu’est-ce que ça veut dire d’être
membre du corps de Christ? Avons-nous à cœur de voir le Royaume de Dieu se
répandre ou de voir Son Royaume grandir qu’à un seul endroit?
Les
églises qui sont bien nourries et qui se répandent sont celles qui prospèrent
facilement en nombre et spirituellement. L’une des raisons principales pour
laquelle l’église du premier siècle a prospéré, c’est le fait que des croyants
bien nourris spirituellement se sont répandus (Ac 8:1,4, 11:19 et les
versets suivants). La multiplication de l’église est plus efficace que
l’implantation d’église. Il est important de mettre davantage l’accent sur la
multiplication de l’église que sur l’implantation d’église. La multiplication
d’église est contagieuse. C’est un peu comme un feu de forêt. Mais comment cela
peut-il bien se faire? Wolfgang Simpson a sagement écrit « Dans les
églises-maison, les gens sont les ressources, Jésus est le programme, la
communion est la raison, la multiplication est le résultat et faire du quartier
des disciples est le but. »26 Ailleurs,
il a écrit « L’église revient à une structure ouverte plutôt qu’une
structure fermée. Un des buts, c’est que l’Église cesse de tenter d’amener les
gens « à l’église » et commence à amener l’Église aux gens. La
mission de l’Église ne sera jamais accomplie en ajoutant seulement à la
structure en place; il ne faut rien de moins que l’église pousse comme des
champignons en se multipliant elle-même à différents endroits du monde, là où
Christ est inconnu. »27 Nous croyons donc que de se réunir dans
une maison en petite communauté favorise une croissance spirituelle de qualité
et incite l’église à se multiplier.
Faire des disciples et la
multiplication des responsables
Il y a
un important besoin d’une multiplication de responsables bibliques dans les
églises d’aujourd’hui. La multiplication des responsables entraîne une
croissance explosive du Royaume de Dieu par le moyen de l’église. C’est
possible quand les disciples sont bien formés. Jésus n’a pas dit « Allez
et ayez de bons services et de bonnes réunions. » Il a dit « Allez et
faites des disciples. » (Mt 28:19-20). Faire des disciples, c’est
former par une relation personnelle. L’assemblée de l’église est une occasion
de former des disciples. L’une des façons les plus efficaces de voir la
multiplication des responsables, c’est la formation de disciples.
La
croissance des croyants et la multiplication des responsables par le processus
de formation de disciples sont des signes de la bonne santé d’une église
biblique. Plus les responsables forment l’église, plus l’église se formera elle-même et se répandra
dans la société dans la perspective de former des disciples. Il est dommage que
dans notre système moderne, la formation de disciples ne soit pas une tâche
importante et nécessaire de l’église. On suppose que c’est le travail de
centres de formation de disciples ou des collèges bibliques. Dietrich
Bonhoeffer a judicieusement affirmé « Le christianisme sans la formation
de disciple est toujours un christianisme sans Christ. »28
Quand il
n’y a pas de formation de disciples, le potentiel de l’église est éteint et on
ignore qui ferait un bon responsable, car on ne parvient pas à discerner une
telle personne, et elle-même n’est pas motivée de le devenir. N’aurait-on pas
des résultats surprenants si un sondage était fait au sujet de la manière dont
les disciples dans les églises sont formés, et la manière que les églises
forment et envoient des responsables en un an ou du moins en cinq ans? Le
Seigneur Jésus ne nous a-t-il pas dit « La moisson est grande, mais il y a
peu d'ouvriers. Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans
sa moisson. » (Mt 9:37-38). Est-ce que nous prions, équipons,
mobilisons et envoyons des ouvriers dans la moisson? Quels sont les buts et les
stratégies de l’église pour la multiplication des responsables?
La
croissance des petites communautés par la formation de disciples donne souvent
comme résultat la croissance de plus de responsables. Bien souvent, les
responsables naissent et se développent non par l’enseignement public, mais par
la formation de disciples grâce à une relation personnelle. Le mentorat de
qualité et la supervision se manifestent beaucoup plus dans de petites
assemblées, permettant ainsi d’identifier et de stimuler les responsables
potentiels. Grace Wiebe a bien fait remarquer « Les églises-maison peuvent
jouer un rôle vital dans le choix, la formation et la multiplication de
plusieurs responsables-serviteurs (ainsi, beaucoup moins de responsables
s’épuisent). »29 Dans ce genre de
contexte informel, il y a un grand potentiel à la multiplication de disciples,
ce qui signifie une multiplication de responsables et d’églises. Nous croyons
donc que de s’assembler dans une maison est un moyen efficace de former les
disciples dans l’église et de choisir, équiper et envoyer plusieurs
responsables.
Les pauvres, les démunis et
les missions
Une
lecture attentive des Saintes Écritures révèle que dans l’église du premier
siècle, l’argent était en grande partie utilisé pour aider les pauvres et les
démunis.30 Chaque église était autonome et
représentait une organisation sociale indépendante. Même au milieu du deuxième
siècle, la collecte était premièrement faite afin d’aider les pauvres et les
démunis. Selon l’information qu’on trouve dans la Première apologie de Justin Martyr et dans la Didachè, l’historien
de l’église Earle E. Cairns mentionne qu’à la fin de la réunion de
l’église, « ils faisaient une collecte pour aider les veuves, les
orphelins, les malades, les prisonniers et les étrangers. Ensuite, la réunion
prenait fin et les gens retournaient chez eux. »31
L’église
du premier siècle donnait aussi pour les missions. Cependant, plusieurs
exhortations données à l’église au sujet des dons concernent les gens dans le
besoin. Cet aspect est presque négligé de nos jours. Pourquoi insiste-t-on
autant sur l’aide donné aux pauvres et aux démunis qu’aux missions?
Réfléchissons un peu… Que vaut notre prédication de l’Évangile si on néglige de
montrer l’amour et la compassion de Christ dans nos œuvres? Jean a écrit
« Or, celui qui aurait des biens de ce monde, et qui, voyant son frère
dans le besoin, lui fermerait ses entrailles, comment l'amour de Dieu
demeurerait-il en lui? Mes petits enfants, n'aimons pas de paroles ni de la
langue, mais en action et en vérité. » (1 Jn 3:17-18).
Mahatma
Gandhi a déjà dit « Il y a dans le monde des gens si affamés que Dieu ne
peut leur apparaître que sous la forme d’un pain. »32 L’évangile de Christ rencontre les besoins matériels et
spirituels. Dans Sa parabole du Bon Samaritain, Jésus a enseigné
qu’« aimer son prochain » signifie « aider les démunis »
(Lc 10:25-37). Paul exhorte même les pasteurs à aider les démunis. En
fait, c’est à eux que Paul dit « Je vous ai montré en toutes choses, que
c'est ainsi qu'en travaillant, il faut secourir les faibles, et se souvenir des
paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à
donner qu'à recevoir. » (Ac 20:17, 28, 34-35).
Quand les croyants ont apporté l’argent
récolté par la vente de leur propriété et l’ont déposé aux pieds des apôtres,
ils l’ont distribué aux démunis (Ac 4:32-35). Il est intéressant de
remarquer que l’église du premier siècle a même vendu ses terres pour aider
ceux qui étaient grandement dans le besoin. Les paroles bien connues
« Dieu aime celui qui donne avec joie » ont été écrites à l’église de
Corinthe dans le contexte de donner aux saints pauvres de l’église
(2 Co 9:1, 7).
John
MacArthur souligne bien « Le premier but du don, tel qu’enseigné dans le
Nouveau Testament, c’est de soutenir les saints, l’église. La première
obligation du chrétien est de soutenir les autres croyants, de manière
individuelle et collective. La première responsabilité financière de l’église
est d’investir pour ses propres besoins et pour son propre peuple (voir aussi
2 Co 8:1-5; 9:12-15; Ph 4:14-16). Évidemment, ce n’est pas la
seule obligation financière que nous avons. La parabole du Bon Samaritain démontre
clairement que nous devrions œuvrer personnellement et financièrement pour
quiconque est dans le besoin, sans égard à la religion, la culture ou les
circonstances (Luc 10:25-37). Paul enseigne aussi que nous devrions
« faire du bien à tous » (Ga 6:10). Mais dans le même verset il
continue et dit « mais surtout à ceux qui sont de la famille de la
foi » (voir aussi 1 Jean 3:17). Dans
2 Corinthiens 9:13, les apôtres demandent une contribution généreuse
« envers tous ». Soutenir les pauvres et les démunis dans le monde au
nom du Seigneur est une œuvre chrétienne hautement prioritaire d’après les
normes bibliques.33 Quel pourcentage de
l’argent collecté dans l’église est destiné aux pauvres et aux démunis? Même
dans l’Ancien Testament, une dîme spéciale était collectée une fois aux trois
ans pour aider les orphelins, les veuves et les autres sortes de pauvres
(Dt 14:28-29). Comment les dîmes sont-elles utilisées aujourd’hui dans les
églises?
On dit
que la majeure partie de l’argent est généralement utilisée pour l’entretien et
l’administration, et qu’une plus petite partie sert aux missions. Dans
plusieurs églises, on ne se s’occupe pas particulièrement d’aider les pauvres
et les démunis. Les pauvres et les missions sont-elles une priorité dans le budget
des églises traditionnelles? Quel pourcentage de l’argent collecté dans une
église traditionnelle sert à aider les démunis et les missions? Les auteurs du
commentaire biblique Life Application Bible Commentary font cet
avertissement en traitant de l’Évangile selon Marc : « Si nos églises
dépensent de grosses sommes d’argent pour leurs bâtiments et ignorent les
missions, l’évangélisation et l’aide aux pauvres, elles vont pareillement subir
le jugement de Dieu. »34 Puisque de
s’assembler dans une maison est un modèle simple (c’est-à-dire que l’argent
n’est pas nécessaire pour la construction et l’entretient d’un bâtiment),
l’argent peut être utilisé pour aider les pauvres et les démunis, ainsi que
pour soutenir les missions.
Mot de la fin
Pour
justifier leurs pratiques, plusieurs s’opposent de façon déraisonnable et
ignorante à cet enseignement (je l’ai déjà fait), sans faire d’étude ou de
recherche approfondie sur la façon que fonctionnait l’église du premier siècle.
Il y a tellement de bien à dire de l’église moderne d’aujourd’hui. Pourtant, une réforme
est nécessaire afin d’aider le peuple de Dieu à fonctionner plus efficacement
et bibliquement. S’assembler dans des maisons n’est pas une solution parfaite
où l’on n’éprouve aucun problème. C’est seulement une meilleure approche, plus
efficace. J’affirme par-là qu’il y a plus d’avantages et moins de désavantages.
Bien sûr, les problèmes qui surviennent en raison de différentes situations,
endroits ou cultures doivent être considérés avec prière et sagesse selon la
sagesse du Saint-Esprit et le conseil et l’expérience de gens pieux.
De plus,
que le lecteur ne fasse pas erreur en croyant que l’église est contrainte à
s’assembler dans une maison. Elle peut s’assembler dans un bureau, une salle,
une salle de classe, une cabane, une tente, etc., pour autant que la taille de
la communauté reste petite pour que chaque membre ait réellement la possibilité
de participer. La structure n’est pas aussi importante que le fonctionnement de
l’église. Ce chapitre pourrait en fait s’intituler « Dix raisons d’avoir
de petites communautés ». Puisque la maison est un endroit informel où les
gens peuvent généralement se réunir en petites communautés, je l’ai souvent
employé dans ce chapitre. Le peuple de Christ est libre de s’assembler où il se
sent à l’aise et quand même fonctionner selon le modèle d’église du Nouveau
Testament.
Finalement, n’oublions jamais que n’importe quel modèle d’église est
faible et sans vie sans la puissance du Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu est la
vie de l’église; sans Lui toute église est morte. Cherchons à être revêtus de
la puissance d’en haut tout en cherchant à ce que Son règne vienne sur la
terre. Que le Seigneur déverse Son Esprit sur Son corps, l’église!
Je termine
ce chapitre avec un commentaire digne de considération du commentateur anglican
David Prior. Il a écrit « Il est préférable de se préoccuper de la qualité
plutôt que de la quantité : un diamant minuscule vaut bien plus qu’un
camion rempli de pierres. C’est pour cette raison que l’on travaille auprès de
groupes et de petites communautés plutôt qu’auprès de grandes foules […] nous
sommes seulement préoccupés par des petites communautés composées de gens qui
savent qu’ils sont l’Église. C’est avec eux que nous entreprenons l’œuvre de
répandre l’Évangile, de proclamer en parole et en oeuvre que Christ est venu
nous libérer de la misère et l’oppression, qu’elle soit spirituelle ou
matérielle. Travailler en petits groupes vaut beaucoup plus la peine. Une cuillère
à café de sucre dissoute dans une petite tasse sucre le café : ainsi,
l’Évangile agit au sein d’une petite communauté. Mais mettez la même cuillère à
café de sucre dans un grand pot de café et le goût s’y perd. »35
— Stephen David
Notes
1 David
Watson, I Believe in the Church (Great Britain: Hodder & Stoughton,
1978), 121.
2 Robert
Banks, Paul’s Idea of Community (
3 Watson, 117.
4 William
Barclay, The Letters to the Corinthians, Revised Edition (Westminster
Press, 1977), 135.
5 Ronald
Sider, Rich Christians in an Age of Hunger (Illinois: Inter-Varsity
Press, 1977), 190-191.
6 Robert &
Julia Banks, The Church Comes Home (Massachusetts: Hendrickson
Publishers, Inc., 1998), 84.
7 Pris dans un
article non publié, “Services Versus Service.”
8 Dictionary
of Biblical Imagery (
9 Michael
Green, Evangelism Now & Then (Illinois: InterVarsity Press, 1979),
103-104.
10 Paul
mentionne le problème dans 1 Co 11:20-21 et donne finalement la
solution dans les versets 33-34.
11 J.
12 Frank Viola,
Pagan Christianity (Present Testimony Ministry, 2002), 99.
13 John Havlik,
People Centered Evangelism (Nashville: Broadman Press, 1971), 47.
14 Robert
Fitts, The Church in the House (
16 Gordon Fee, Gospel
and Spirit (Massachusetts: Hendrickson Publishers, Inc., 1991), 139.
17 Robert
Baker, A Summary of Christian History (Nashville, Tennessee: Broadman
& Holman Publishers, 1994), 11.
18 Power Bible
CD [CD-Rom]
V4.5. Bronson: Online Publishing, 1999-2005.
19 Alex Rattray
Hay, The New Testament Order for Church and Missionary (1947), 299.
20 Christian
Liturgy, 53.
21 Fitts, 18.
22 Michael
Green, Evangelism in the Early Church (1970), 207.
23 www.bibleleague.org/church/planting/china.php
24 Eternal
Perspective Ministries, www.epm.org/articles/Chinesetorture.htm.
25 Howard Synder, The Community of the King (Illinois:
Inter-Varsity Press, 1978), 122.
26 Wolfgang
Simpson, Houses that Change the World (Chennai, India: Mission
Educational Books, 1998), 142.
27 Ibid, 21-22.
28 www.choosethelife.com/041100_article.html
29 The Network
for Strategic Missions, www.strategicnetwork.org/index.php?loc=kb&view=v&id=8614&fto=1269&
31 Earle
32 Wheel Words,
www.texaschapbookpress.com/wheelwords.htm.
33 John
MacArthur, The MacArthur New Testament Commentary 1 Corinthians (Printed
in
34 Bruce B.
Baton, et al., Life Application Bible Commentary on Mark (Illinois:
Tyndale House Publishers, Inc., 1994), 319.
35 David Prior,
The Church in the Home (Great Britain: Marshall Morgan and Scott
Marshall Pickering, 1983), 163-164.
Questions à discuter
1. Qu’est-ce
qui démontre que l’absence de bâtiment d’église n’est pas un obstacle à une
expansion rapide de l’église?
2. En quoi la
structure, la taille et le système d’une église influencent-ils l’aspect
réciproque (les uns les autres) du ministère?
3. En quoi la
taille d’une congrégation influence-t-elle la façon que l’église se perçoit,
soit comme une entreprise, soit comme une famille? En quoi cela touche-t-il
l’intimité et la responsabilité devant les autres?
4. Quel était
le but principal des réunions de l’église du premier siècle? En quoi cela
diffère-t-il de la manière dont nous nous réunissons aujourd’hui?
5. Qu’est-ce
que cela signifie d’être membre du corps de Christ? Quelle est votre fonction
dans l’église?
6. Pourquoi
est-ce difficile de célébrer le Repas du Seigneur comme un repas familial dans
une grande assemblée impersonnelle à la structure formelle?
7. Dans quelles
circonstances et dans quel but l’église du premier siècle célébrait-elle le
Repas du Seigneur? Quelle différence pourra-t-on remarquer si nous le célébrons
ainsi de nos jours?
8. En quoi les
réunions dans les maisons simplifient-elles l’implantation d’églises?
9. Quels sont
les avantages pour les églises-maison d’avoir des pasteurs à deux vocations?
10. Pourquoi
pensez-vous que les responsables locaux avaient généralement deux vocations,
tandis que les responsables itinérants étaient généralement soutenus par
l’église?
11. Quels sont
les avantages pour l’église-maison d’avoir quelques anciens à temps plein?
12. De quelle
façon l’église met-elle à l’aise les non-croyants en s’assemblant dans des
maisons?
13. Faites une
liste de cinq avantages à faire l’église-maison dans les temps de persécution.
14. Comment la croissance et la multiplication de
l’église sont-elles favorisées dans une petite communauté comparativement à une
plus grande?
15. Croyez-vous que la formation de disciples devrait
être une responsabilité centrale de l’église? Si oui, dans quel environnement
et de quelles façons peut-on efficacement former des disciples?
16. Pourquoi les petites églises sont-elles le
meilleur endroit pour la multiplication et la formation de responsables?
17. Comparez les objectifs des dons dans le Nouveau
Testament avec les dépenses de l’église moderne. À votre avis, quels
changements devrions-nous adopter en vue d’utiliser notre argent d’une façon
biblique?
18. Pourquoi est-ce préférable de se préoccuper de la
qualité plutôt que de la quantité?
Remarque : La NTRF offre aussi des ressources
pour l’enseignant afin de l’aider à diriger une discussion au sujet de la vie
d’église du Nouveau Testament. Demandez The Practice of The