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ils persévéraient dans
la doctrine des apôtres, dans la communion,
dans la fraction du pain et dans les prières. Actes 2.42 |
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Livre Église-maison :
les enfants à l’église |
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Lors d’une
conférence sur les églises-maison en
Virginie, avant que ne débute la période de discussion, j’ai murmuré à mon
ami que j’étais certain que la première question serait « Que
faisons-nous avec les enfants? » Et bien entendu, ce l’était. À mon
avis, c’est la première question que se posent ceux qui envisagent
l’église-maison. C’est une grande pierre d’achoppement et pourtant, ce ne
devrait pas. Ce chapitre examinera trois choses : premièrement, les
philosophies ou les points de vue différents qu’ont l’église institutionnelle
et l’église-maison envers les enfants; deuxièmement, les problèmes concrets qui
surviennent; et troisièmement, l’avantage pour les enfants de faire l’église
à la maison.
Dans un article que j’ai
écrit, j’ai posé cette question : « Que faites-vous pour les
enfants? » J’ai honte de dire que dans
le brouillon de cet article, j’avais écrit : « Que faites-vous avec
les enfants? » Inconsciemment, j’avais succombé à la philosophie ou au
point de vue d’une grande partie de l’église institutionnelle : les
enfants sont un problème, ils dérangent le très prestigieux
« service » où des professionnels importants et payés, vêtus de
robes ou en complet donnent d’éloquents sermons et où les saints auditeurs,
sérieux et tranquilles, sont assis comme morts sur des bancs. De ce point de
vue, la question devient : que faisons-nous des enfants pendant que nous
faisons les choses très importantes du « service »?
Ni Jésus, ni les apôtres
ne se sont inquiétés au sujet de ce qu’ils feraient des enfants. Jamais Jésus
n’a dit « Permettez que les petits enfants soient mis à l’écart à la
garderie. » Pouvez-vous imaginer qu’on ait amené les enfants à l’Église
des Enfants pendant le Sermon sur la Montagne?
Les Écritures ne disent
pas grand-chose sur ce qu’il faut faire avec les enfants lorsque les croyants
s’assemblent. Mais je ne peux m’imaginer que les croyants de l’époque
n’avaient pas d’enfant. J’imagine qu’on n’en a pas dit grand-chose parce que
les premiers chrétiens n’ont pas fait de cas de cette question. Les églises
étaient dans les maisons; les familles vivaient dans les maisons; les enfants
se réunissaient avec l’église dans les maisons.
Bien que les Écritures ne disent explicitement rien au sujet des enfants et
des assemblées de croyants, il y a des indices. Par exemple, on mentionne explicitement
que les enfants étaient présents lorsqu’on nourrit cinq mille personnes et
aussi lorsqu’on en nourrit quatre mille (Mt 14:21, 14:38.). Lors d’un
voyage missionnaire, « tous, avec leurs femmes et leurs enfants »
ont accompagné les apôtres sur la plage pour prier à l’occasion de leur
départ (Ac 21:5b). Finalement, lorsque la
lettre de Paul a été lue aux Éphésiens, elle s’adressait directement aux
enfants : « Enfants, obéissez à vos parents, selon le
Seigneur » (Ep 6:1-2). Comment les
enfants auraient-ils pu entendre l’exhortation lue dans l’église autrement
que si les enfants étaient à la réunion d’église?
Et en dépit du silence des Écritures au sujet des enfants, je peux garantir
une chose : il n’y avait pas d’école du dimanche ou d’église pour
enfants. Si l’école du dimanche est un complément si essentiel à la vie
d’église, pourquoi la Bible n’en parle-t-elle pas? Le plan de construction de
Dieu, la Bible, est complet dans les moindres détails. Quel chrétien nierait
que la Bible est le plan parfait? Curieusement, il n’y a pas une seule
mention de l’école du dimanche dans le plan de Dieu.
À l’origine, l’école du
dimanche n’enseignait pas des histoires bibliques et la morale chrétienne,
mais elle a été mise sur pied au dix-neuvième siècle en Angleterre pour
donner aux enfants pauvres des moulins et des mines la chance d’apprendre à
lire et à écrire. Qui avait premièrement la responsabilité d’éduquer les
enfants avant l’apparition de l’école du dimanche? La famille. Je crois que
c’est l’avis de la plupart des églises-maison que la famille a toujours la
responsabilité première d’instruire et de former des enfants chrétiens. C’est
sûrement la raison pour laquelle la plupart des églises-maison (tout comme
l’église biblique du Nouveau Testament) n’ont pas d’école du dimanche. Et
cela est véritablement un obstacle pour les chrétiens qui envisagent de
quitter l’église institutionnelle pour l’église-maison. C’est incroyable le
nombre de chrétiens qui s’inquiètent au sujet du bien-être spirituel de leurs
enfants au point de s’empoisonner à mort de la religiosité corrompue des
églises institutionnelles, pourvu que celles-ci aient un bon programme pour
les jeunes. Je suis convaincu que les églises institutionnelles savent cela
et qu’elles en profitent en offrant une foule de « ministères pour les
jeunes » afin que leurs « payeurs de dîme » ne partent pas.
(Bien sûr, je suis conscient qu’il y a d’autres motivations sincères derrière
cela aussi.)
Bien que ce soit d’abord
le rôle de la famille d’élever les enfants dans le Seigneur, cela ne veut pas
dire que l’église-maison ne se préoccupe pas de leur bien-être. Bien au
contraire. Si les enfants pensent que l’église de leur parent est une corvée,
ils penseront que Jésus est une corvée aussi. Nous devons donc discuter de
moyens concrets pour que l’église-maison soit un lieu où les enfants se
sentent intégrés.
Lorsqu’on parle de moyens
concrets pour intégrer les enfants dans la vie de l’église-maison, on doit
comprendre dès le début que si les parents gardent le point de vue
traditionnel de l’église institutionnelle dans l’église-maison, cela n’ira
pas bien pour les enfants. L’église institutionnelle a la mentalité de la
ségrégation juvénile : amenez-les dans les locaux de l’école du dimanche,
afin que tout soit Saint et Calme. Bien sûr, cela n’est pas biblique. À votre
avis, à quel point les enfants étaient-ils calmes durant le Sermon sur la
Montagne? L’église institutionnelle est stricte en ce qui concerne
« l’ordre du service » et les enfants, si spontanés et
imprévisibles qu’ils sont, ne peuvent jamais s’adapter à ce cadre rigide.
Alors la première chose à faire dans l’église-maison est de relaxer – il y
aura plus de bruit et d’interruptions dans l’église-maison. Les gens qui ont
des enfants doivent cesser de se sentir coupables et les gens sans enfant
doivent démontrer plus de tolérance qu’ils n’auraient eu à le faire dans une
église institutionnelle.
La deuxième chose à faire
est de développer des relations plus rapprochées entre les adultes et entre
tous les adultes et tous les enfants. Ce rapprochement est possible dans
l’église-maison d’une façon qui est impossible dans l’église organisée. Des
relations proches permettent que lorsque le petit Brian est sur le point de
tirer la chasse d’eau et d’y mettre un pétard, un adulte qui n’est pas l’un
des parents de Brian peut fermement lui dire d’éteindre la mèche, sans
craindre que le petit Brian ou sa mère ne s’en offensent.
La troisième chose à
faire est de trouver des moyens créatifs et réalisables pour faire participer
les jeunes à la réunion avec les adultes. D’où vient cette idée que la
réunion (ou l’église) appartient exclusivement aux adultes? Je connais une
église-maison où les enfants sont particulièrement doués pour la musique. Les
jeunes jouent de la guitare, du violon ou de la flute et se sentent à l’aise
pour conduire un chant ou la musique. D’autres églises-maison encouragent les
jeunes à partager un témoignage, à réciter un passage des Écritures ou à dire
une requête de prière. À l’occasion d’une réunion, mon église-maison a permis
aux adolescents de conduire la réunion dans les Écritures et la musique. La
réunion a été totalement différente – ça faisait de la variété et ça a aidé
les jeunes à s’intégrer. Lors d’une autre réunion de mon église-maison, une
des sœurs a donné des « leçons d’école du dimanche » aux jeunes
enfants en présence des adultes. Les adultes ont été contraints d’adopter le
point de vue des jeunes enfants (quelque chose que tous les adultes devraient
faire de temps à autre) et les enfants ont pu avoir du plaisir avec leurs
parents tout en apprenant la leçon spirituelle enseignée.
La quatrième chose que je
suggère est de ne pas être trop strict quant à la
« théologie d’église-maison ». Bien sûr, on ne croit pas dans
l’école du dimanche, mais ce n’est pas la fin du monde si quelqu’un apporte
quelque chose de spécial pour les enfants ou s’il les prend parfois à part.
Et nous ne croyons pas qu’il faut occuper les enfants afin de ne pas les avoir
dans les parages, mais il n’y a rien de mal à leur montrer un vidéo de temps
à autre (et même si, ô sacrilège, le vidéo n’est pas spirituel car c’est un
dessin animé Bugs Bunny).
Une cinquième suggestion pratique que m’a donnée quelqu’un d’une église-maison
est d’annoncer à chaque réunion les règles de la maison afin que les parents
et les enfants ne fassent rien de mal par mégarde (par exemple, « ne pas
manger dans le salon »).
Une sixième suggestion pratique est de tolérer les jeunes enfants agités
autant que possible. S’ils deviennent trop bruyants, assurez-vous que les
parents comprennent que le bébé devrait être amené à l’écart jusqu’à ce qu’il
se calme. Si un parent ne fait pas cela, on devrait l’avertir. Rappelez-vous
que les relations sont importantes.
Une septième et dernière suggestion pratique est de ne jamais laisser la
réunion devenir ennuyeuse – ni pour les enfants, ni pour les adultes. Si la
réunion est sans vie et trop longue pour les adultes, imaginez ce que c’est
pour les enfants! Leur durée d’attention est probablement la moitié de la
nôtre. Nous devons constamment nous mettre à la place de nos frères et sœurs
– et les enfants sont, dans le corps de Christ, nos frères et sœurs. Ayons
donc à cœur leur intérêt dans l’amour.
Nous terminons ces réflexions au sujet des enfants et de l’église-maison en
présentant les avantages évidents de l’église-maison pour les jeunes. Nous ne
devrions pas considérer les enfants comme un obstacle à ce que des gens
viennent à l’église-maison. Nous devrions regarder aux avantages de
l’église-maison pour les enfants et souligner ces avantages à ceux qui
envisagent l’église-maison.
Un grand avantage de l’église-maison est que les jeunes peuvent voir leurs
parents entretenir des relations d’amour et de soutien les uns avec les
autres. Ils voient leurs parents ouvrir leurs cœurs à Dieu d’une façon
réelle, personnelle, non religieuse et sincère.
Un autre grand avantage est que les enfants n’ont pas un statut de deuxième classe
dans l’église : ils ne sont pas enfermés, loin de notre vue et de nos
pensées dans la garderie, l’école du dimanche ou à un ministère pour les
jeunes.
À mon avis, l’un des plus grands avantages est que des relations intimes se
développent entre les adultes et les enfants des autres adultes. Dans mon
église-maison, je prie constamment pour les enfants qui s’y trouvent. Il y a
seulement six couples dans l’église et seulement quatorze enfants. C’est très
facile de savoir ce que les jeunes vivent et facile alors de prier pour eux
individuellement, chaque jour, par leur nom. Je me permets de vous dire que
cela n’arrive pas très souvent dans les grandes églises. Conclusion
Je conclus par une parodie brillante écrite par Doug Phillips de Vision
Forum au sujet du programme pour les jeunes de son église. Bien que ça ne
décrive pas une église-maison, ses remarques sont tout de même très
pertinentes :
« J’ai le privilège de m’assembler dans une église petite et axée sur la
famille. Quand on me questionne au sujet des différents programmes de
l’église, j’explique que nous sommes bénis avec plus d’une trentaine
d’organisations différentes auxquelles nos membres appartiennent – elles
s’appellent des familles. Je leur explique ensuite que nous avons plus de
soixante responsables pour les jeunes – ils s’appellent des parents. En fait,
nous avons un tel horaire rempli d’événements que nous avons une activité
obligatoire chaque jour de la semaine – ça s’appelle le culte familial […]
Avec de telles responsabilités sur leurs épaules, nos responsables pour les
jeunes doivent vraiment s’y mettre […] Ils doivent étudier la Parole de Dieu
plus qu’ils ne l’ont jamais fait auparavant afin de pouvoir diriger leur
organisation avec sagesse. Ils doivent être créatifs afin de résoudre les
divers problèmes de leurs groupes d’intérêt particulier. Ils doivent
apprendre à être patients. Ils doivent apprendre à aimer. Ils doivent même
apprendre à réorganiser les priorités de leurs vies.
Cette dernière partie est cruciale. Nos responsables de jeunes auront du
succès seulement s’ils réorganisent leurs priorités et s’ils forment leur
organisation correctement. Ils le savent. Ils savent aussi qu’il y a un prix
à payer. Mais la plupart d’entre eux sont prêts à payer le prix, car ils ont
décidé que l’activité la plus importante de leur vie est d’être pasteur de
jeunesse et de diriger une organisation spéciale qui s’appelle une famille
chrétienne.
Voici ce qu’on découvre : plus nous nous dévouons à diriger fidèlement
notre mini-congrégation, plus grande est la bénédiction. Par ailleurs, plus
on étudie ce que la Parole de Dieu dit au sujet de ces petites congrégations,
plus on voit à quel point le plan de Dieu est merveilleux et génial :
équiper l’Église et changer la culture à l’aide de ces organisations souvent
oubliées, déformées et mal-aimées appelées les familles chrétiennes. »1 — Dan Walker 04/25/07
1 Douglas
W. Phillips, “Our Church Youth Group” (San Antonio, TX: Vision Forum
Ministries, 2002)
www.visionforumministries.org/issues/uniting_church_and_family/our_church_youth_group.aspx. Questions à
discuter 1. Pourquoi est-ce si difficile
d’imaginer que les enfants ont été mis à part dans une église pour enfants, version
premier siècle, lors du Sermon sur la Montagne? 2. Dans la Bible, quels sont les
exemples où des enfants sont présents lors de rassemblements religieux? 3. Quelle est l’origine de l’école du
dimanche? 4. Qui avait premièrement la
responsabilité d’éduquer les enfants avant l’apparition des écoles du
dimanche? 5. Qui est responsable de l’éducation
religieuse de l’enfant? L’église ou ses parents? Expliquez. 6. Qui sont les vrais responsables de
jeunesse dans les églises? 7. Pourquoi plusieurs parents ne
veulent-ils pas avoir leurs enfants avec eux à l’église ou lors d’une étude
biblique? 8. Pourquoi plusieurs parents
insistent-ils pour que leurs enfants restent avec eux à l’église ou lors
d’une étude biblique, plutôt que de les envoyer à l’école du dimanche ou avec
le groupe jeunesse? 9. Quel rôle peuvent
avoir les enfants et adolescents lors des réunions interactives selon
1 Corinthiens 14? 10. Dans le monde antique, le taux de
mortalité infantile était incroyablement élevé. Certains défendent que les
plus grandes familles d’aujourd’hui justifient l’utilisation de lieux qui
peuvent contenir plus de gens que dans une maison privée (en raison du plus
grand nombre d’enfants). Êtes-vous d’accord? Pourquoi? Remarque : La NTRF offre aussi des ressources pour
l’enseignant afin de l’aider à diriger une discussion au sujet de la vie
d’église du Nouveau Testament. Demandez The
Practice of The Early Church: A Theological Workbook (Leader’s Guide)
à www.NTRF.org. |
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